dimanche 7 août 2016

Le vent (papotage)

Nous sommes au débouché de la vallée du Rhône, ou à peu près. Un peu de chaleur, quelques massifs, une grande étendue plane et la mer, c'est un terrain pour le mistral.

Pour l'expliquer, il faudrait évoquer les hautes pressions, des dépression, l'air frais, l'arrière pays trop chaud... Mais c'est une explication pour les scientifiques, qu'on étudiera avec profit dans Wikipedia. Ici,  c'est sa fréquence qui nous lasse : trois fois en deux semaines. Et puis on ajoutera le caractère local de ce vent qui nous ferait presque jalouser les voisins :




C'est ici qu'il semble souffler le plus souvent. D'ailleurs, la carte de ce matin le montre : plus à l'est, il se fait discret. Le pont rouge indiquant Martigues est placé trop à l'ouest, il faut l'imaginer en bas à droite de l'étiquette, à l'est du flux ; Marseille est épargnée et nous sommes jaloux.

D'autant qu'il fait froid le matin !



vendredi 5 août 2016

La pluie (papotage)

Il a plu cette nuit. On le sentait venir déjà hier soir alors que le barbecue chauffait pour sept...

La pluie ici, c'est toujours difficile à cause du manque d'habitude. En général, on laisse un peu tout trainer. Au moment des premières gouttes, on n'y croit pas vraiment, on se dit que ce sera juste une petite averse vite passée.

Cette nuit, il a plu suffisamment pour mouiller, arroser, tremper le matériel, et doucher l'imprévoyant qui n'avait rien mis à l'abri. La poussière était devenue de la boue, et les sabots faisaient penser à de petites bassines glissantes au confort incertain.

20 degrés ce matin avec près de 70 % d'humidité : c'est un temps du nord, après deux semaines autour des 30/30 à chercher la fraicheur. Un petit pull ?

mercredi 3 août 2016

Un port à l'intérieur de l'autre (papotage)


Dans le coin nord-ouest du port à sec, un portail mécanisé permet d'accéder à un terrain à peu près carré délimité par un enclos grillagé. Ici, les embarcations sont en général plus petites, elles sont surtout autonomes puisque posées sur leur remorque.
Comme dans le reste du port, il s'agit de stocker le maximum de bateaux en rangées ordonnées. Ici, les remorques peuvent être sécurisées par un support fiché au sol sur lequel vient se ficher le timon. Les propriétaires reculent leur voiture, attèlent et vont jusqu'au plan incliné pour mettre à l'eau, de manière assez simple et souvent adroite.
C'est surtout les jours de beau temps que l'on voit embarquer tôt le matin les glacières, les lignes de pêche, la famille ou les amis. Les jours de beau temps sont ensoleillés et calmes ; le mistral ne vaut rien à la fréquentation de l'enclos.
Plus tard dans la journée, les pêcheurs bruyants auront laissé la place aux vacanciers plus oisifs qui se repèrent à une présence féminine plus nombreuse, des enfants... Les premiers sont entre amis, les seconds en famille.

dimanche 31 juillet 2016

La société du port (papotage)

Il ne s'agit pas ici de gestion, plutôt des usagers, clients du port pour la plupart.

Certains se contentent de passer : ils arrivent un jour, préparent leur bateau en deux temps trois mouvements, et disparaissent à l'eau en un ou deux jours. A leur retour de vacances, ils rincent, rangent plus ou moins soigneusement et retournent chez eux. Leurs vacances étaient sur l'eau ; ils n'auront pas laissé de traces ici.

D'autres bricolent. Il leur faut davantage de temps. Il y a toujours quelque chose à réparer, reprendre, améliorer, quand ce n'est pas un gros chantier à commencer pour refaire la peinture, le haubanage ou un autre de ces travaux sans fin que les bateaux nous procurent trop souvent. Ceux-là restent donc. Et ils font société.

Ils partagent la poussière et la chaleur de l'été, les odeurs d'hydrocarbures part vent d'ouest, les coups de mistral, les douches froides ou trop chaudes. Et les soirées pendant  lesquelles, autour d'un apéritif ou d'un barbecue, on refait le monde ou on parle bateau.

Les barbecues sont en principe organisés par les quelques résidents permanents du port. Ceux-là vivent sur leur bateau à l'année. Ils sont bricoleurs incurables, artisans patentés, retraités. Ils se sont construits un environnement entre deux voyages, entre deux rêves ou au plus près de leurs clients. Ce sont souvent des originaux attachés à leur indépendance.

Les chats du port à sec (papotage)

Ils peuvent être discrets dans la journée. Ils ont leurs coins préférés : autour de la capitainerie, vers un ou deux bateaux accueillants ou dans le sillage de quelques personnes qu'ils ont choisies...

Ils sont souvent plusieurs, des fratries, parfois avec la mère. Les petits jouent dans les talus, sautent, roulent, se mordillent, tout à fait craquants comme tout bébé : des jeux vif, des arrêts brusques pour observer un sujet passionnant de leurs grands yeux écarquillés. Ils se laissent approcher par ceux qu'ils connaissent bien, préservent une distance de sécurité avec les autres, ne dédaignent pas les plats de croquettes qu'on leur offre vers la capitainerie ou sur certains bateaux.

Certains ont l'oreille fendue : ils ont été stérilisés pour éviter la prolifération. Une association existe dans les environs, à Istres je crois. Quelques plaisanciers militent pour l'intervention quand d'autres préfèrent le laisser faire. On se croise, on s'épie un peu, on s'engueule quelquefois à propos des chats. Femme ou homme, le défenseur des animaux, s'il sait se pâmer au spectacle joueur d'un chaton, n'est pas toujours délicat dans ses relations humaines.