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mardi 27 mai 2025

C'est la faute à Beaulieu

Partir de Beaulieu après une balade à terre ce matin, c'est d'abord affronter vent de face et clapot jusqu'à ce qu'on ait doublé le cap  de Saint Hospice qui ferme la baie de Saint Jean Cap Ferrat. Et du clapot il y en a de plus en plus à mesure qu'on s'approche de la pointe. On franchit d'abord la ligne des vedettes au mouillage puis elles grossissent au fur et à mesure qu'on progresse lentement en faisant des bonds sur les vagues.
C'est quand on se dit qu'on a bien fait de changer de moteur, que le précédent aurait été à la peine, à peu près parvenus à la pointe, c'est à ce moment-là que le moteur cale.
L'an dernier, c'était déjà à Beaulieu que le moteur nous avait lâchés. Bon anniversaire !
Sauf que là, il y a du clapot, un peu de vent, et qu'il s'agit de passer cette pointe. Mais ça ira : d'abord le moteur a accepté de redémarrer à condition de rester au ralenti, et puis une voile nous tire au bon cap ou à peu près. On passe la pointe, on double ensuite le cap de Saint Jean avec deux voiles et le moteur fonctionne toujours sans trop accélérer.
On va le garder en route tant qu'il tiendra, parce qu'avec l'état de la mer secouée en tous sens par les bateaux entre Cannes, et Monaco, les voiles ne suffiront pas à nous faire avancer - et puis on ne va pas trop trainer dans cette ambiance.
Du coup, moteur et voiles jumelés, toujours secoués mais bien rapides, on aura une excellente moyenne pour rallier les Lérins où nous trouver une place pour la nuit.
Et le moteur tiendra jusqu'au bout.
La panne : dans les secousses, le gasoil du réservoir a été bien brassé et une cochonnerie est passée dans le filtre.
On nettoie, on redémarre, ça ne fonctionne pas, on s'inquiète, on purge, on souffle, on resserre, on redémarre, ça va.
Et ça occupe une partie de l'après-midi.
Ce matin, c'était balade à terre sur l'île de Sainte Margherite. On n'y vient pas très souvent. Elle n'a pas la même ambiance que sa voisine occupée par les moines. Ici, de grandes allées rectilignes, et de robustes eucalyptus font davantage penser à un parc, un grand parc où on viendrait en bateau, où on trouve quelques restaurants, un ou deux kiosques, un château, un chantier naval, des pompiers, un petit village et une école de voile.

lundi 26 mai 2025

Beaulieu sur Mer

Repartir de Sanremo vers l'ouest, c'est retourner dans les espaces fréquentés par les super yachts, les yachts, les vedettes, et toutes ces machines à moteur qui se plaisent à faire des vagues et consommer du gasoil sans doute détaxé.
La carte les montre agglutinés à Monaco. Mais il y en a partout. Le clapot que nombre d'entre eux génère est capable de stopper notre bateau de presque huit tonnes lancé à plus de 4 noeuds. Ça secoue le gréement dans un bruit de ferraille, les voiles battent violemment et il faut un peu de temps pour relancer la machine. Ce coin n'est pas notre préféré et le spectacle des riches ne rend pas optimiste.
Pourtant Beaulieu est jolie. Nous avions fait de belles balades ici et nous pensions la rade abritée. Mais ça n'était pas les bons jours : outre le clapot permanent des vedettes, la houle a contourné le cap Ferrat et nous a ballottés toute la nuit.
Heureusement, c'était moins agité le lendemain.