samedi 18 mai 2019

Traversée

Euh... Une traversée de 6 milles pour une étape de 10 milles au total. C'est court. C'est bon aussi avec un petit vent de travers qui nous fait avancer gentiment, pas très vite mais à la voile pure, tenus en ligne par le pilote automatique, sur une mer presque plate. Facile, tranquille. Et nous sommes à peu près seuls dans cette direction, vers l'anse de Port Man, sur l'île de Port Cros.


Nous y arriverons pour midi. Et nous serons une quinzaine de bateaux à partager cette idée, à défaut du repas lui même. Beaucoup de locations. Peut-être sont-ils à la fin de leur séjour ? Encore une nuit et retour à la maison.


Dans l'après-midi, la plus grande partie repartira. Nous resterons à trois voiliers éparpillés dans la calanque. Oui, j'interchange facilement "calanque" et "anse" ; après tout, nous sommes en Méditerranée, non ? 


Comme souvent à Port-Man, le vent passe en rafales sur le plan d'eau dont les fonds très profonds retiennent très moyennement les ancres. On veille. De toutes manières, une renverse à l'est est prévue pour demain matin, assez tôt. Et Port-Man est une souricière par vent d'est. Nous irons au port de l'île pour laisser passer ce nouvel épisode de mauvais temps.


mercredi 15 mai 2019

Mouillage à La Courtade (Porquerolles)


Le vent de l'après-midi est tombé. Tout est maintenant très calme. A l'ouest, le soleil colore les nuages de rouge et dessine des ombres chinoises avec les reliefs. La mer ondule à peine, elle fragmente ses réflexions, un peu de rose, l'instant d'après du noir.


La saison de navigation commence. Ce soir, nous avons ici un rassemblement de bateaux déjà important même s'il est sans aucune mesure avec la foule de l'été. Dans la nuit qui commence, les feux de mouillage parsèment les alentours, on distingue quelques conversations lointaines. La météo a prévu du vent pour demain, du vent d'est. Ce petit monde s'est mis à l'abri ici.


A cette heure, les goélands entreprenants sont rentrés chez eux, leur journée terminée. Ils ont remporté leurs cris, n'ont laissé que quelques fientes qu'il va falloir nettoyer dans l'humidité du matin.
A peine plus tard, on n'entend plus de conversations. La température est descendue et chacun est mieux à l'intérieur. Dodo.

Cinq heures du matin : changement d'ambiance. Le vent d'est rentre en force. Le bateau bouge dans les vagues courtes, part en abattée dans le vent, retenu par sa chaîne. On pense qu'il va falloir tenir jusqu'à midi au moins, jusqu'à ce que ce soit plus calme.
Tout est gris. Une couverture basse a remplacé les jolis nuages roses,, la mer agitée ne fait plus de reflets. Il fait jour, frais, humide, venteux. Un temps d'est en Méditerranée.
Dix heures : les nuages se fragmentent, un soleil bienvenu éclaire le paysage sans réchauffer l'atmosphère. Il fait 13 degrés dehors. La force du vent semble baisser.
Midi : le vent se calme, il fait beau. Il reste un petit souffle d'est qui suscite les premiers départs des bateaux qui se dirigent vers l'ouest.
A quinze heures, le vent sera passé à l'ouest. Il ne reste plus trace de cet épisode venteux. Les cours de l'école de voile voisine reprennent. Il ne s'est rien passé. Nous partons faire un tour à terre où il fait plus chaud. La fraîcheur vient de la mer.

mardi 14 mai 2019

Moteur !


Ce n'est pas du cinéma ! C'est simplement le moteur de l'annexe, ce petit machin gonflable qui nous amène à terre. Depuis le départ, nous avons des difficultés avec Petit Monsieur Yamaha, Malta de son petit nom. Peut-être est-il vexé car je l'ai abreuvé avec une essence trop pauvre en octane et trop riche en huile. En tout cas, il démarre volontiers mais cesse tout service très vite si on ne le gave pas au starter. A cette condition, il accepte de faire tourner l'hélice à faible allure. 


Nous avons d'abord nettoyé le carburateur, enfin découvert les gicleurs - bouchés, remonté sans succès, démonté, changé de carburant, re-nettoyé les gicleurs, constaté le mauvais état du joint principal, refait ce joint, remonté, changé la bougie, constaté aussi l'absence de filtre à essence, essayé. C'est un peu mieux. Il a fallu trois démontages en trois jours dont le dernier a duré deux heures pour avoir l'impression d'avoir enfin amélioré le fonctionnement de ce qui n'est pas une option pour nous. Nous sommes souvent au mouillage, en dehors des ports, et cette annexe représente le véhicule à tout faire qui nous permet de nous balader à terre, de transporter les courses, l'eau...

lundi 13 mai 2019

Porquerolles


Eh bien on y est !
On y est : en "vacances", parce que les bricolages intensifs sont a priori terminés,
On y est : à Porquerolles après avoir subi un coup de vent et du remue-bato à La Capte
On y est : en balade dans un coin choisi avec une météo enfin clémente



 Donc, on a laissé La Capte, pourtant accueillante mais trop exposée aux éléments pour l'île de Porquerolles et son premier mouillage, à côté du port. Le trajet, très court, a été un peu long puisque notre petit moteur a dû lutter contre le vent et la mer pour nous mener à moins de 3 nœuds jusqu'à notre abri.


Ce n'est pas beaucoup, 3 nœuds, mais il faut s'y faire : le moteur n'est pas notre point fort.


Et là, bien à l'abri, on a pu se balader à pied dans cette île bien belle. Ca n'est pas tellement le village qui  peut nous attirer entre les boutiques à touristes et les restaurants, ce gros bourg n'a plus grand chose à proposer d'intéressant. Même ses glaces "à l'italienne" font dans la caricature : quatre boutiques, la même entreprise pour les quatre qui te vendent toutes ta boule à 3 euros.


Alors, il y a le reste. Superbe. Bien sûr, il faut un peu esquiver les vélos, omniprésents dispersés sur un peu tous les chemins carrossables. Les locations font des affaires rythmées par les arrivées des navettes. Il reste des chemins plus discrets, des sentiers, même, de bien balades à faire entre vignes et eucalyptus, sous les pins, au milieu du maquis, dans les odeurs fortes de ce printemps. C'est très chouette de profiter de l'île, de monter vers les points de vue sur la côte, la mer, les fermes viticoles, les bâtiments officiels, anciens forts, sémaphore un peu passé, phare...


samedi 11 mai 2019

Première journée en mer


Eh bien ça y est, c'est reparti pour une balade, cette fois en bateau. Une balade dont on ne sait pas si elle sera longue, où elle nous mènera exactement. En gros, nous partons de Martigues et nous dirigeons vers l'est. C'est déjà une bonne indication pour la suite.


On peut imaginer la côte jusqu'en Italie et les coins du golfe de Gênes que nous ne connaissons pas encore. On peut penser à la Corse que nous connaissons mais apprécions toujours. Il y a aussi la Sardaigne pour laquelle nous nous demandons si une visite en bateau nous plairait davantage qu'une balade sur les routes, d'autant que nous en connaissons déjà le nord-est jusqu'à Arbatax. Enfin, Elbe et Capraia concluent ces possibilités de balades attirantes et assez proches pour cette année. Le choix se fera plus tard, peut-être aussi en fonction de la météo.


Après une petite quinzaine de menuiserie, plomberie, peinture, quelques soirées amicales et un peu de fatigue, le bateau est à l'eau, il flotte, et tout fonctionne. Nous partons donc, tôt le matin pour une journée entière de navigation : moitié moteur et houle de travers le matin, moitié voiles et vent de travers l'après midi, et une arrivée assez ventée à La Capte vers 20 heures. C'est un coin dans la rade d'Hyères que nous aimons bien, et puis nous devrions être à l'abri du mistral qui doit souffler samedi.


lundi 29 avril 2019

Trou

Cet outil est magique :


Je veux évoquer celui en forme de cône, en deux exemplaires ici. En haut, c'est l'huile de coupe qui l'a accompagné pour percer ça :


18 millimètres de diamètre dans une tôle d'acier de 4 millimètres d'épaisseur. Ca coupe ! Je ne connaissais que les forêts (pas les arbres, ceux qu'on enfiche sur une perceuse) mais là, j'ai gagné un temps fou.


Demain, peinture et puis il sera temps de brancher le trou (en bas à droite) sur le nouveau filtre à eau de mer (en haut à gauche) par l'intermédiaire d'une vanne, ceci pour refroidir le moteur.

vendredi 19 avril 2019

Balade autour de la Dordogne

Balade autour de la Dordogne. Autour de la Dordogne parce qu'il ne s'agit pas du département mais de la rivière et des gorges qu'elle a formées, bien avant la patrie du foie gras.


Mercredi
Nous sommes en Corrèze, en limite du Cantal. Va savoir pourquoi les deux peuvent être si différents. Les environs de Neuvic et les grandes forêts jardinées s'oublient dans les taillis er les prés du Cantal, de l'autre côté du Pont de Saint-Projet.
Meymac, c'est joli ; on savait le situer mais Bort les Orgues me perdait : je le pensais dans le Cantal. Il est en Corrèze : un autre département, une autre région, comme un coin enfoncé plein est dans l'AURA. On s'aventure jusqu'à Clédat, un village abandonné définitivement au milieu du vingtième siècle après un long déclin. Il semblerait que les machines agricoles aient eu de la peine à digérer les grosses boules de granite disséminées par l'érosion jusqu'au voisinage des maisons. En réalité, elles étaient là d'abord... Si, si... Et la chapelle du douzième est une petite jeunette à côté, surtout qu'elle a été restaurée, de même que la chaumière voisine. C'est très propre, joli, perdu au milieu des forêts, et c'est peut-être pour ça que j'ai des difficultés à imaginer cet endroit autrefois habité, entouré de landes, disposé sur un chemin fréquenté qui évitait les vallées.


Reste à revenir vers les gorges de la Dordogne. Le problème serait de vouloir faire le trajet rapidement. Ces petites routes nous font perdre gentiment notre temps et nous allons même nous détourner plusieurs fois pour des forêts (belles, hautes, gérées, avec de plus en plus de résineux), des étangs (ailleurs, on les qualifierait de lacs), Neuvic et ses installations touristiques sur le lac de la Triouzoune (Il fallait que je place ce nom que j'aime beaucoup), un camping qui se prend pour un port, un village VVF un poil défraîchi, un peu trop loin de l'eau, et le plan d'eau qui semble drainer une grosse fréquentation à la belle saison, au point d'adopter des sens uniques de circulation. Les petites routes locales sont sans doute débordées.


Le barrage de Neuvic semble bien petit pour une si grande retenue. Il n'en sort qu'un jet d'eau sous pression et une conduite forcée qui mène à l'usine électrique, plus loin, plus bas, dans les gorges de la Dordogne. On y est enfin.



Jeudi
Dans mon souvenir, mais j'écris ces lignes le soir, après une (bonne) bière, et mes neurones moulinent lentement, dans mon souvenir, tout commence au barrage de Chastang et le village EDF de Aymes. Mais qu'a-t-on fait avant ? Je me souviens de routes en lacets, des gorges de la Dordogne qui plongent des forêts vers l'eau, de quelques ports, l'appellation locale pour une ancienne route débouchant sur un ou deux pontons et, souvent, une petite infrastructure touristique de balade en gabare, de mise à l'eau de pédalos, ou une terrasse....
Ce n'est pas que les villages du haut, sur le plateau et côté Cantal, ne soient pas intéressants : mignons parfois grâce au gazon ras et à la pierre claire qui a servi à construire les maisons traditionnelles. Mais ils se donnent trop souvent des allures de banlieues transportées à la campagne avec des trottoirs et des places de parking, des lotissements, une supérette parfois.


Revenons au barrage de Chastang. On ne visite que le vendredi et à condition de prendre rendez-vous. C'est raté pour les deux conditions. Pas de chance ou manque de prévisions, nous verrons la cité EDF de Aymes avec ses grosses maisons de pierre que quelques familles continuent à occuper, dispersées sur la plaine herbeuse, un lotissement où l'espace et les matériaux de construction ne furent pas comptés.
Les ouvriers qui ont construit l'ouvrage en pleine guerre vivaient dans des cabanes plus rustiques. Il y avait du monde, jusqu'à 1300 personnes qui ont vécu cette période troublée. On imagine certains travaillant à bâtir ce qu'ils complotaient à saboter, une sorte de situation à la manière de Docteur Jeckill et Mister Hyde...


Nous n'avons donc pas visité le barrage, seulement regardé les maquettes fonctionnelles trop mal restaurées et les panneaux explicatifs. Et puis le paysage des bords de la Dordogne, entre ombrages et pêche à la ligne, canoës et gabares... Enfin, en été. Maintenant, c'est tranquille, tout comme notre pique nique au bord de l'eau, au soleil, devant un point d'embarquement prévu pour une gabare estivale.


Après, il y a eu aussi les villes : Argentat, Beaulieu. Elles sont vraiment agréables avec leurs quais sur la Dordogne, les monuments historiques, les bâtiments anciens, leur histoire, entre guerres de religion, transports de marchandises et exode rural (je raccourcis beaucoup), ce qui fait que nous y passons le temps que nous avions prévu à arpenter des sentiers.


Nous retournons en pleine campagne pour dormir. Un chemin de croix nous tend... les bras ! Après un début un peu acrobatique, le terrain a été remodelé par des engins et la montée est plus facile. Passée la troisième station, nous nous cachons dans un coin. C'est seulement après que nous réfléchissons : chemin de croix refait + vendredi saint = procession possible.
Gagné : une procession a lieu tous les ans au puy Turlau (ou Turlaud). On partira tôt demain.

Vendredi
Aujourd'hui, le programme est composé des villages remarquables du coin, et ils ne manquent pas. Nous passons en revue les vieilles demeures, les municipalités gentrifiées, les parkings payants pour la qualité de l'accueil, les rues astiquées, les glycines, les pierres taillées, les châteaux jumeaux et les manoirs mitoyens. Tout n'est pas obligatoirement sympathique mais c'est très beau, remarquablement préservé, un peu aseptisé.


Le moins bon, c'était assurément Collonges la Rouge : impossible d'échapper au parking payant, à l'artisanat d'art devant lequel trônent des fours mexicains en terre cuite, au parfum d'ambiance planant lourdement sur tout le bourg, au monde, entre ceux qui paient et ceux qui font payer. J'en ai fini par ne plus voir ces beaux murs de pierres oxydées, à me demander comment on peut vivre ici, à moins que ce ne soit pour le fric.


Une autre endroit étonnant : le petit village sous le château de Castelnau où il n'y a pas seulement des gîtes, mais aussi quelques vraies maisons avec de vraies personnes, et quelques ventes plus ou moins ruinées. Le château en lui-même est imposant, moyenageux transformé au cours d'évolutions voulues ou largement subies, depuis la vente de ses pierres, jusqu'à son dernier propriétaire privé qui l'a sauvé et fantasmé.


Samedi
Il n'a pas connu la même histoire mais lui aussi revient de loin. Le château de Montal, proche de Saint-Céré, est né à la Renaissance. Jeanne de Balsac l'a fait construire comme une artiste peut conceptualiser son œuvre, avec un assemblage minutieux de signes personnels dans les travaux d'artisans de la pierre qui ont décoré l'édifice. 


Notre guide nous a conduits à travers les salles et les époques. Là aussi, un richissime propriétaire a recréé "son" château, ici avec le souci d'une restauration au plus près de la date de construction. Et là aussi, il y eut don à l'état.


Une bien belle visite pour une bien belle réalisation.

Et, pour les (vraies) photos, il faudra aller sur https://dvisuels.piwigo.com/, comme d'habitude et dans quelques jours, le temps de les bricoler un brin...