lundi 28 avril 2025
Retour de saison au bateau
jeudi 27 février 2025
Encore une histoire de bricobato
L'avancée d'aujourd'hui : le vérin du pilote automatique bouge ! Ca n'était jamais arrivé. Retour sur trois jours de boulot très électrique.
Premier jour à se battre avec le tableau électrique. Match nul : nous avons à peu près tout réparé mais une dernière panne nous a nargué le lendemain avec ce petit fil de masse débranché que nous n'avions pas repéré. Il a dû rigoler, le tableau quand nous avons dû redémonter l'habillage arrière pour une ultime soudure.
Deuxième jour pour amener l'électricité jusqu'aux interrupteurs. Il a fallu reprendre les commandes accessibles du cockpit, essentiellement, le pilote automatique en devenir, et puis le sondeur. Vu de face, c'est constitué de quelques interrupteurs seulement mais l'arrière est plus touffu, et puis c'est tellement grand comme espace… Les lunettes loupes sont nécessaires à cause du manque de recul. Tiens, c'est bizarre, on a l'impression d'avoir de moins en moins de recul. L'espace qui rétrécit ?
Et le troisième jour, on a amené l'électricité à un coffre arrière où elle sera disponible pour le vérin du pilote. Ce qui nous a permis de l'essayer à vide (il n'est pas encore installé). Il bouge enfin.
Un pilote automatique, c'est fait pour que le bateau conserve sa route quand on ne barre pas. Il barre à notre place. Nous en possédons déjà un mais trop léger pour notre voilier. Là, il s'agit d'un gros engin qui devrait soutenir des temps musclés.
Ce gros engin est composé de trois parties :
- Un calculateur, une sorte de petit ordinateur avec une boussole et un gyroscope ; celui-là, nous l'avons installé il y a maintenant deux ans.
- Le calculateur commande un contrôleur de vérin. Lui aussi est en place depuis deux ans mais il souffrait d'une mauvaise installation électrique et manquait de puissance. C'est la partie que nous avons modifiée durant ces trois jours.
- Et puis le vérin qui va agir directement sur le gouvernail. C'est la partie la plus onéreuse pour l'instant. Nous avons essayé un modèle chinois qui s'est révélé complètement inadapté. Et nous en avons trouvé un vrai d'occasion cette année : 300 kilos de poussée, une belle bête. Mais il faut l'installer.
Les défis des prochains jours. Ça ne va pas être simple. Il va falloir trancher dans la coque, souder, calculer, inventer…
mardi 20 juin 2023
Porquerolles, en plein dans l'Est
L'atmosphère semble métallique : le gris du ciel contre le gris de l'eau, les verts sombres de la végétation et le beige des plages n'y peuvent rien.
Il ne fait pas beau. Nous nous mettons à l'abri des rafales qui déboulent par moments de l'Est. Deux jours s'annoncent ainsi à devoir patienter.
Autour de nous une douzaine de catamarans, des bien grands. Je me demande s'ils sont ici parce que les ports n'ont pas la place pour les accueillir ou si leurs propriétaires n'envisagent pas que leur mouillage vienne à faiblir. Il y a sans doute un peu des deux.
C'est le genre de raisonnement qui me vient spontanément quand je remarque les bateaux qui, ce matin encore, étaient mouillés devant la digue du port, le nez au vent et la poupe vers les cailloux. Une situation que je trouve inconfortable quand le vent est modéré mais tout à fait dangereuse quand il est soutenu. Et les prévisions météo ne laissaient aucun doute quant à l'évolution pour la journée.
Beaucoup sont partis maintenant ; certains nous ont rejoints de l'autre côté de la baie. Nous sommes plus éloignés des restaurants du port mais davantage protégés ici. Enfin, on l'espère.
La journée du lundi se passe bien, la nuit sera plus soutenue.
Il n'est plus trop question de dormir mais plutôt de faire des quarts de veille jusqu'au lever du jour. Ça souffle en rafales. Un catamaran est venu mouiller trop près et il nous inquiète un peu. Les bateaux ne restent pas droit sur leurs chaines dans le lite du vent mais abattent d'un côté ou de l'autre avant que leur mouillage les redresse. Ces allers-retours sont d'autant plus importants quand le vent, comme ici, peut être détourné par les reliefs et venir en rafales de deux directions. Les catamarans légers et perchés n'évitent pas comme les monocoques surtout en acier, bien enfoncés dans l'eau. Si notre ancre lâchait, on pourrait le percuter et on ne pourrait pas allonger notre mouillage en cas de besoin : il n'y a plus la place.
Et le vent se renforce au matin avec quelques gifles qui prennent le bateau de côté. On les entend arriver avant de les sentir quand elles nous bousculent. On veille. C'est le premier gros temps au mouillage de la saison mais il est soigné. Quelques bateaux ont dérapé, d'autres ont changé de place pour être mieux protégés.
Alors la traversée ?
Ce texte a été écrit, c'est le cas de le dire, au fil de l'eau, quand je pensais à attraper le téléphone.Les quelques images ajoutées à Porquerolles en se battant avec la connexion internet.
D'abord les options en ce qui concerne la traversée de retour sur le continent. On la fait avec du vent pendant la journée de samedi et davantage de mer ? Ou bien tout au moteur mais dans des conditions plus calmes dimanche après une étape à Cargèse ? Cargèse, c'est tentant et puis ça raccourcit la traversée elle-même d'une dizaine de milles. Mais le vent de travers pendant la journée de samedi, c'est bien aussi si ça peut nous éviter autant d'heures de moteur. Il resterait cette houle à supporter. On est un peu dedans au mouillage de la pointe de la Parata où on la subit, amortie, depuis hier.
En démarrant, on ne sait pas encore. Le choix se fera à l'observation des conditions de mer à l'extérieur du mouillage. Nous levons l'ancre. Le passage entre les iles Sanguinaires et la pointe de la Parata est toujours aussi beau et alors c'est le choix de la traversée. La mer n'est pas si grosse devant les Sanguinaires et nous avançons bien avec deux voiles. C'est parti.
Mais la mer grossira un peu après avec deux houles qui nous secouent bien volontiers, le vent est lui aussi plus soutenu que ce que nous anticipions et on avance autour de 5 nœuds jusque vers 20 heures quand le vent refuse un peu. Ça avance toujours à la voile pure, mais plus pour longtemps a priori. L'avantage c'est que la mer semble s'assagir un peu.
Avant minuit, nous aurons rentré le génois, mis un ris à la grand-voile pour lui éviter de battre. Nous voilà vent de face au moteur.
Deux heures. Où irons-nous ? Au plus court, c'est à dire vers le cap Lardier à 46 milles ou vers Porquerolles à 59 milles ? La première option est plus courte de 2 ou 3 heures et il faudra faire 21 milles demain. La seconde nous permet de nous reposer demain : nous ne serons pas obligés de nous déplacer pour nous protéger du vent d'est prévu et des 2 mètres de houle de Sud que la météo prévoit.
En attendant, nous n'avons pas tout à fait le temps prévu pour cette traversée. Ce vent de face par exemple, eh bien il devait être de dos avant de tourner Est ou Nord-Est pour la fin.
Jusqu'au matin, nous attendrons le vent prévu. Le lever du jour se fait avec un souffle de Nord-Est, pas suffisant pour arrêter le moteur mais il nous permet d'établir deux voiles qui vont un peu aider. La mer s'est bien calmée : nous pouvons poser nos affaires sur la table sans risquer qu'elles se jettent ailleurs. Et puis il fait soleil. Après la nuit sombre c'est agréable. Il y avait quand même un avantage à l'absence de lune, c'était la présence des étoiles.
Ce sera Porquerolles. Nous avons déjà dû nous dérouter deux fois dans cette direction pour éviter deux bateaux et le vent est plus facile sur ce cap.
Le vent force à l'approche de l'île du Levant. Ça souffle bien et on avance autour de 5 nœuds. Nous n'avons pas vu autant de voiliers en mer en Corse. C'est dimanche, les gens sont sur l'eau entre les îles. Les gens sont aussi aux mouillages de Porquerolles qui sont bien occupés. Il y a heureusement de la place. Et nous devons nous préoccuper du coup de vent d'Est annoncé pour demain. Ça va être la fête !
vendredi 16 juin 2023
Les Sanguinaires
Escale technique à Ajaccio
jeudi 8 juin 2023
Bye bye les îles de la Maddalena
dimanche 4 juin 2023
Cala Villamarina
Cala Villamarina
Le vent souffle en rafales, l'averse cache les environs, vérifier les amers est parfois compliqué quand le bateau renâcle trop.
Les amers, ce sont les alignements qu'on prend à terre, un rocher avec l'angle d'une maison par exemple, pour vérifier qu'on ne recule pas, que l'ancre n'a pas lâché. Il en faut plusieurs parce que le bateau ne reste pas en place, il ne tire pas sur sa laisse en ligne comme le ferait un chien fugueur mais il part d'un côté, de l'autre, avant de revenir pour mieux bouger encore. Le seul point fixe, c'est l'ancre, en principe.
C'est l'orage. La météo prévoyait de fortes rafales sous orage… Elle avait vu juste.
Nous sommes abrités sur la rive sud de l'île San Stefano, face à Palau, la grande ville qui dessert les iles Maddalena, plus exactement dans la cala Villamarina. Ici, le paysage est moins somptueux que dans d'autres recoins des îles où le sable colore joliment l'eau en bleu sous les rochers gris ou rougeâtres. Cette cala nous a semblé moins fréquentée que d'autres pour le weekend et bien protégée.
Parce qu'il n'y a pas que le temps à anticiper mais aussi les milliers de bateaux en vadrouille. Nous avons fait le bon choix. Seules deux petites vedettes nous ont tenu compagnie cette nuit, et la cala profonde nous a bien abrités des rafales.
Ici, on chargeait les pierres extraites des carrières de l'île. La plus proche surplombe le mouillage. On y découvre les éléments incomplets d'une statue commandée par Mussolini. L'histoire s'est arrêtée en 1943 et la tête qui contemple la Sardaigne n'a aucune chance de se jucher un jour sur le torse renversé à côté.
Des nombreux bâtiments ruinés que compte l'île, certains donnent l'impression de n'avoir jamais été terminés. Quelle a été leur destination ? A quelle époque ?
Pour certains c'est plus clair : ce fort a été conquis brièvement par Bonaparte, alors lieutenant-colonel, dans l'intention de menacer la ville de la Maddalena ; cet immense hôtel et village de vacances fonctionnait encore en 2019, on trouve des commentaires d'ailleurs assez peu flatteurs sur le Net. Toute une zone de l'est de l'île a été occupée par la marine américaine pendant quelques décennies.
Trois îles et nous au milieu
Qu'est ce que c'est calme ce matin. Il fait soleil. Nous sommes entourés par ces rochers plats qui forment les îlots les plus proches. L'eau est tranquille. Quelques bateaux montrent des signes de réveil.
Nous ne sommes pas encore nombreux dans ce grand mouillage mais c'est le weekend.Tout à l'heure, ce sera infernal avec l'afflux de bateaux pneumatiques qui ancreront en vrac sur la langue de sable proche, et puis les vedettes arriveront suivies des voiliers basés dans les ports les plus proches. Il y aura des cris partout, du remous créé pas la circulation incessante et le goût des italiens pour les trajectoires les plus directes même si elles sont trop proches de ton bord. Alors ça hurle, ça remue, c'est insupportable pour nous et un paradis pour eux qui profitent du soleil et de la baignade.
Quel contraste avec hier en fin d'après midi quand la pluie menaçait. Tout le monde ou presque était parti. Et nous avons marché seuls sur l'île Santa Maria.
Cette île est la seule habitée. D'abord deux ou trois maisons et un hôtel du côté de notre mouillage à l'ouest. Un sentier traverse la partie resserrée de l'île pour déboucher sur une belle plage et un hameau à l'est. C'est l'endroit des bains de soleil, de la foule qui bronze et des débarquements des vedettes qui crachent leurs estivants, mais quand il fait beau, en été. C'était paisible.
Trois hommes bricolaient sur une annexe, un chien est venu nous voir, rappelé par son maître.Difficile d'imaginer une autre ambiance. On voit toutes les maisons barricadées. On se demande si ce sont des locations saisonnières.
Après une balade jusqu'au vieux phare, tout au bord de l'île, nous sommes revenus au bateau, toujours dans ce temps orageux qui nous plombe depuis des jours.
vendredi 2 juin 2023
Bonifacio
Ca fait très longtemps que nous n'étions pas retournés à Bonifacio. Et nous avons eu tout un tas de bonnes raisons pour y aller :
- le vent ne voulait pas nous laisser aller vers les îles de la Sardaigne. On avançait bien mais pas tout à fait dans la bonne direction ;
- la calanque de la Catena, juste avant le port proprement dit, dispose d'un mouillage organisé moins cher ;
- avec l'annexe, on peut aller acheter ce qui nous manque : du gasoil, de l'eau, quelques provisions (un minimum parce que les prix à Bonifacio sont... particuliers)
- il est temps de faire un peu de lessive ;
- enfin, la ville nous a laissé un bon souvenir.
Pas seulement à nous. C'est la foule à Bonifacio, en bas autour du port, en haut vers la citadelle, sans doute dans les environs mais nous sommes à pieds et n'irons pas très loin.
En bas, c'est la fête, les restaurants à l'aise sur les quais, les gens qui se baladent, ceux qui vont monter dans une des multiples vedettes qui proposent des croisières rapides dans les environs.
En haut c'est le tourisme quand on porte plutôt des baskets pour déambuler dans la vieille ville, faire les boutiques à touristes et les restaurants coincés dans les ruelles.Les immeubles gris compensent en hauteur le peu de place, les rues restent assez sombres d'autant que le jour manque de soleil, les batiments historiques s'appuient sur leurs voisins, tout est resserré et d'un coup l'horizon s'ouvre sur la mer, le panorama s'offre largement depuis le haut des falaises.
Entre les deux, la pente fait souffrir ceux qui ont perdu l'habitude de l'effort physique, à moins qu'ils n'aient choisi d'aller se garer tout au bout. C'est étonnant de voir que la voiture ainsi privilégiée alors qu'on la bannit de noubreuses villes.
D'ailleurs, au bout, on peut trouver aussi une crèche moderne avec une aire de jeux et un cimetière aux allures de village de vacances.
Bonifacio s'enorgueillit de son passé de citadelle imprenable et autonome, de son port protégé par un fjord resserré, de sa situation sur le trajet des routes maritimes. C'est une chouette ville et tout le monde semble le savoir.
Une petite bande d'adolescents occupe la laverie onéreuse où nous faisons notre lessive. Ils chahutent un peu, s'assoient éventuellement dans les tambours des machines, s'ennuient sans doute, s'avèrent plutôt sympas, tout comme nos voisins de la Catena, une petite communauté. L'été, quand le port est saturé, ça doit être l'enfer.
jeudi 1 juin 2023
Personnages
mardi 30 mai 2023
Arbitro
C'est le soir
Un chien qui aboie au loin, de la musique et quelques voix dans un bateau proche, une lumière au sommet de chacun des quatre mâts et une autre à l'étage de la seule maison visible au dessus de la baie. Tout est noir et tranquille.
Le vent du large a disparu, tout comme la couleur de l'eau sur le sable, les plages couvertes de posidonies, les rives rocheuses, la chaleur même.
Demain, le vent d'est prévu nous dissuadera peut-être de continuer. Dans ce cas, la journée se passera à l'abri, ici. Si le vent n'est pas trop fort, on pourra se promener dans les environs en laissant l'ancre retenir le bateau en laisse.
dimanche 28 mai 2023
Les pannes
Nadine m'a sommé d'écrire une page sur le sujet des pannes. C'est vrai que...
D'abord le moteur de l'annexe, le petit hors-bord qui fait la tête et qui n'acceptera de faire son boulot qu'après une belle bougie toute neuve. Problème réglé : il tourne comme une horloge.
Puis le moteur du bateau et de beaux moments pendant la traversée vers la Corse. Il s'agissait de scories dans le circuit d'alimentation. Ça va recommencer. Quand ? Il faudra peut-être faire dans le préventif, démonter et nettoyer avant un autre souci..
Après, c'était à la Revellata quand le circuit électrique a refusé tout service. Le moteur ne démarrait tout simplement pas. Il y avait 13 volts partout et pourtant, l'énergie manquait. Merci Jean-Yves qui nous a soufflé de vérifier les masses : un coupe circuit était en panne. Une pièce d'à peine 35 ans !
Le fil d'alimentation du pilote automatique prend des libertés qu'on ne souhaite pas lui accorder. On vient de réparer aujourd'hui.
Et voilà que le sondeur fait des caprices depuis hier et affiche des profondeurs aléatoires. Ça ne va pas être simple pour ancrer si on ne connait pas la profondeur. Un problème de parasites ? Mais pourquoi se déclarerait-il maintenant ? La sonde qui n'en pourrait plus ? Il faut qu'on voie ça demain.
Nous sommes arrivés à Campomoro, sur la rive sud du golfe de Valinco au fond duquel se trouve le port de Propriano. (Propriano, c'est là-bas que nous avions pris du gasoil bien pourri l'an dernier et, depuis, nous avons des soucis).
Nous étions ce matin aux îles Sanguinaires. Une petite balade s'imposait eu milieu des goélands protecteurs de leurs petits, des boules de poils gris qui hurlent en se cachant vaguement la tête dans le maquis. C'est vrai que l'humain ne doit pas être ressenti comme un prédateur ici.
Cette île comporte les ruines d'un lazaret. Les pêcheurs d'éponges revenant d'Afrique étaient soumis à une quarantaine. Ça devait être sympa : tout petit, au chaud l'été, au froid l'hiver...