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lundi 28 avril 2025

Retour de saison au bateau


Martigues nous accueille avec un peu de pluie, sans doute pour nous mettre à l'épreuve : il faut ranger et l'intérieur est parfaitement encombré. Alors, comme on ne peut pas sortir sur le pont tout ce qui nous encombre, on se faufile, on ruse pour accéder à ce placard, on se glisse pour faire le lit, on pousse, on tire, on nettoie, et petit à petit... non, ce n'est pas encore rangé mais c'est mieux.

C'est le début de la saison, nettoyages rangements, installations sur le pont, un peu de chasse à la rouille qu'on n'a pas eu le temps de faire avant, les révisions du moteur, du mouillage et du mât, comme d'habitude.

Nous avons une semaine devant nous.

jeudi 27 février 2025

Encore une histoire de bricobato


L'avancée d'aujourd'hui : le vérin du pilote automatique bouge ! Ca n'était jamais arrivé. Retour sur trois jours de boulot très électrique.

Premier jour à se battre avec le tableau électrique. Match nul : nous avons à peu près tout réparé mais une dernière panne nous a nargué le lendemain avec ce petit fil de masse débranché que nous n'avions pas repéré. Il a dû rigoler, le tableau quand nous avons dû redémonter l'habillage arrière pour une ultime soudure.

Deuxième jour pour amener l'électricité jusqu'aux interrupteurs. Il a fallu reprendre les commandes accessibles du cockpit, essentiellement, le pilote automatique en devenir, et puis le sondeur. Vu de face, c'est constitué de quelques interrupteurs seulement mais l'arrière est plus touffu, et puis c'est tellement grand comme espace… Les lunettes loupes sont nécessaires à cause du manque de recul. Tiens, c'est bizarre, on a l'impression d'avoir de moins en moins de recul. L'espace qui rétrécit ?

Et le troisième jour, on a amené l'électricité à un coffre arrière où elle sera disponible pour le vérin du pilote. Ce qui nous a permis de l'essayer à vide (il n'est pas encore installé). Il bouge enfin.

Un pilote automatique, c'est fait pour que le bateau conserve sa route quand on ne barre pas. Il barre à notre place.  Nous en possédons déjà un mais trop léger pour notre voilier. Là, il s'agit d'un gros engin qui devrait soutenir des temps musclés.

Ce gros engin est composé de trois parties :

- Un calculateur, une sorte de petit ordinateur avec une boussole et un gyroscope ; celui-là, nous l'avons installé il y a maintenant deux ans.

- Le calculateur commande un contrôleur de vérin. Lui aussi est en place depuis deux ans mais il souffrait d'une mauvaise installation électrique et manquait de puissance. C'est la partie que nous avons modifiée durant ces trois jours.

- Et puis le vérin qui va agir directement sur le gouvernail. C'est la partie la plus onéreuse pour l'instant. Nous avons essayé un modèle chinois qui s'est révélé complètement inadapté. Et nous en avons trouvé un vrai d'occasion cette année : 300 kilos de poussée, une belle bête. Mais il faut l'installer.

Les défis des prochains jours. Ça ne va pas être simple. Il va falloir trancher dans la coque, souder, calculer, inventer…

mardi 20 juin 2023

Porquerolles, en plein dans l'Est

 L'atmosphère semble métallique : le gris du ciel contre le gris de l'eau, les verts sombres de la végétation et le beige des plages n'y peuvent rien.
Il ne fait pas beau. Nous nous mettons à l'abri des rafales qui déboulent par moments de l'Est. Deux jours s'annoncent ainsi à devoir patienter.
Autour de nous une douzaine de catamarans, des bien grands. Je me demande s'ils sont ici parce que les ports n'ont pas la place pour les accueillir ou si leurs propriétaires n'envisagent pas que leur mouillage vienne à faiblir. Il y a sans doute un peu des deux.
C'est le genre de raisonnement qui me vient spontanément quand je remarque les bateaux qui, ce matin encore, étaient mouillés devant la digue du port, le nez au vent et la poupe vers les cailloux. Une situation que je trouve inconfortable quand le vent est modéré mais tout à fait dangereuse quand il est soutenu. Et les prévisions météo ne laissaient aucun doute quant à l'évolution pour la journée.
Beaucoup sont partis maintenant ; certains nous ont rejoints de l'autre côté de la baie. Nous sommes plus éloignés des restaurants du port mais davantage protégés ici. Enfin, on l'espère.
La journée du lundi se passe bien, la nuit sera plus soutenue.


Il n'est plus trop question de dormir mais plutôt de faire des quarts de veille jusqu'au lever du jour. Ça souffle en rafales. Un catamaran est venu mouiller trop près et il nous inquiète un peu. Les bateaux ne restent pas droit sur leurs chaines dans le lite du vent mais abattent d'un côté ou de l'autre avant que leur mouillage les redresse. Ces allers-retours sont d'autant plus importants quand le vent, comme ici, peut être détourné par les reliefs et venir en rafales de deux directions. Les catamarans légers et perchés n'évitent pas comme les monocoques surtout en acier, bien enfoncés dans l'eau. Si notre ancre lâchait, on pourrait le percuter et on ne pourrait pas allonger notre mouillage en cas de besoin : il n'y a plus la place.

Et le vent se renforce au matin avec quelques gifles qui prennent le bateau de côté. On les entend arriver avant de les sentir quand elles nous bousculent. On veille. C'est le premier gros temps au mouillage de la saison mais il est soigné. Quelques bateaux ont dérapé, d'autres ont changé de place pour être mieux protégés.

Alors la traversée ?

 Ce texte a été écrit, c'est le cas de le dire, au fil de l'eau, quand je pensais à attraper le téléphone.Les quelques images ajoutées à Porquerolles en se battant avec la connexion internet.


D'abord les options en ce qui concerne la traversée de retour sur le continent. On la fait avec du vent pendant la journée de samedi et davantage de mer ? Ou bien tout au moteur mais dans des conditions plus calmes dimanche après une étape à Cargèse ? Cargèse, c'est tentant et puis ça raccourcit la traversée elle-même d'une dizaine de milles. Mais le vent de travers pendant la journée de samedi, c'est bien aussi si ça peut nous éviter autant d'heures de moteur. Il resterait cette houle à supporter. On est un peu dedans au mouillage de la pointe de la Parata où on la subit, amortie, depuis hier.

En démarrant, on ne sait pas encore. Le choix se fera à l'observation des conditions de mer à l'extérieur du mouillage. Nous levons l'ancre. Le passage entre les iles Sanguinaires et la pointe de la Parata est toujours aussi beau et alors c'est le choix de la traversée. La mer n'est pas si grosse devant les Sanguinaires et nous avançons bien avec deux voiles. C'est parti.
Mais la mer grossira un peu après avec deux houles qui nous secouent bien volontiers, le vent est lui aussi plus soutenu que ce que nous anticipions et on avance autour de 5 nœuds jusque vers 20 heures quand le vent refuse un peu. Ça avance toujours à la voile pure, mais plus pour longtemps a priori. L'avantage c'est que la mer semble s'assagir un peu.
Avant minuit, nous aurons rentré le génois, mis un ris à la grand-voile pour lui éviter de battre. Nous voilà vent de face au moteur.
Deux heures. Où irons-nous ? Au plus court, c'est à dire vers le cap Lardier à 46 milles ou vers Porquerolles à 59 milles ? La première option est plus courte de 2 ou 3 heures et il faudra faire 21 milles demain. La seconde nous permet de nous reposer demain : nous ne serons pas obligés de  nous déplacer pour nous protéger du vent d'est prévu et des 2 mètres de houle de Sud que la météo prévoit.
En attendant, nous n'avons pas tout à fait le temps prévu pour cette traversée. Ce vent de face par exemple, eh bien il devait être de dos avant de tourner Est ou Nord-Est pour la fin.
Jusqu'au matin, nous attendrons le vent prévu. Le lever du jour se fait avec un souffle de Nord-Est, pas suffisant pour arrêter le moteur mais il nous permet d'établir deux voiles qui vont un peu aider. La mer s'est bien calmée : nous pouvons poser nos affaires sur la table sans risquer qu'elles se jettent ailleurs. Et puis il fait soleil. Après la nuit sombre c'est agréable. Il y avait quand même un avantage à l'absence de lune, c'était la présence des étoiles.

Ce sera Porquerolles. Nous avons déjà dû nous dérouter deux fois dans cette direction pour éviter deux bateaux et le vent est plus facile sur ce cap.

Le vent force à l'approche de l'île du Levant. Ça souffle bien et on avance autour de 5 nœuds. Nous n'avons pas vu autant de voiliers en mer en Corse. C'est dimanche, les gens sont sur l'eau entre les îles. Les gens sont aussi aux mouillages de Porquerolles qui sont bien occupés. Il y a heureusement de la place. Et nous devons nous préoccuper du coup de vent d'Est annoncé pour demain. Ça va être la fête !




vendredi 16 juin 2023

Les Sanguinaires

Nous aurons hésité avant d'aller à ce mouillage trop exposé à la houle et puis nous avons décidé d'essayer. Ca balance mais c'est vivable à défaut d'être confortable.
Si la météo ne compromet pas nos prévisions, nos prochains jours s'esquissent ainsi :
 - Demain samedi, nous devrions aller à Cargèse. Le mouillage y est exposé mais il devrait être vivable à partir de l'après midi. Et ça laissera une journée de plus pour laisser la houle retomber.
 - Dimanche et lundi matin, ce serait le bon moment pour traverser. Le vent serait plus affirmé samedi mais la houle nous fatigue d'avance ; elles devrait être plus faible dimanche. Mais ce sera au moteur parce qu'il n'y aura plus de vent.
 - On verra bien où se fera notre atterrissage. Peut-être le cap Lardier, un endroit qui nous plaît bien ? Tout dépendra du vent puisqu'une période de nord-est s'annonce pour les jours suivants.

Escale technique à Ajaccio

La baie est assez grande pour accueillir une flotte. Le souci c'est qu'il y a foule. Entre les bateaux sur corps morts, les espaces réservés pour une zone pétrolière et, surtout, les endroits où le fond est trop important, il nous faut longtemps pour trouver un espace où nous poser.
L'endroit n'est pas le plus esthétique que nous ayons pratiqué entre les immeubles et la quatre voies dont le bruit doit couvrir l'orage mais il est temps de faire les courses. Et puis nous devrions être à la fois à l'abri du vent du nord annoncé et de la houle d'ouest. à condition de ne pas être délogés par les autorités parce que la zone est annoncée réglementée, c'est à dire gérée selon les besoins du port ou des affaires maritimes. Il n'y aurait rien à redire s'ils nous demandaient de partir. D'autant que certaines cartes, il faut bien l'avouer, indiquent la zone tout à fait interdite au mouillage.
Pour les courses, c'est pratique : le supermarché et la station-service sont accessibles en annexe, on trouve des poubelles. Il n'y a que l'eau qui se révèle difficile à approvisionner.
La visite de la ville est assez rapide. C'est une grande ville avec une circulation automobile dense.
Un projet de piétonnisation du centre se met en place. Le centre, rues, arcades, place d'armes, références répétées à Napoléon, le marché et ses produits corses, et le musée Fless, sa collection vertigineuse de peintures italiennes dont on sort avec le tournis. Ajaccio, c'est pour se mettre à l'abri mais la visite elle-même ne nous a pas semblé justifier d'aller jusqu'au fond de cet immense golfe, ce qui représente deux heures de navigation.
Et nous avons même reçu la visite des autorités locales : le commandant du port et deux gendarmes maritimes rien que pour nous et les quelques bateaux alentour, venus gentiment nous mettre en demeure de partir demain matin quand un pétrolier doit venir au quai le plus proche. Etonnant. On a plutôt l'impression d'une opération de routine mais, comme on est respectueux des règles et des gens qui travaillent, on se décide à filer  maintenant sur une zone de mouillage proche, beaucoup moins protégée. Seulement, elle ne nous plait pas du tout, on a de la peine à y trouver notre place, le clapot n'est pas agréable ; on revient à notre emplacement et on en partira demain matin, comme promis.
La traversée du retour commence à s'anticiper avec la météo qui est assez particulière cette année, entre petit temps dépressionnaire et fronts orageux. L'impression qu'il ne faudra pas manquer la fenêtre quand elle se précisera, peut-être ce weekend.

jeudi 8 juin 2023

Bye bye les îles de la Maddalena

La cala Garibaldi, à l'ouest de Caprera aura été juste un stop pour y passer la nuit. Nous avons navigué hier après midi dans un bon vent qui nous a menés jusqu'au bout, puis nous avons un peu hésité sur le lieu où poser l'ancre. C'est que les bateaux sont nombreux désormais. C'est d'ailleurs étonnant : l'an dernier, nous étions là fin juin et il y avait moins de monde.
La météo prévoit du vent d'est dans la journée. Nous avons donc décidé d'en profiter et de traverser les Bouches de Bonifacio. Il nous faut remonter au nord des eaux italiennes et virer plein ouest, passer les Lavezzi puis remonter encore vers la Corse. Quant à savoir où nous nous arrêterons ce soir, ça dépendra : du vent, du monde, de la place libre.
En attendant, c'est une étape rêvée avec un vent portant léger pour rejoindre les Lavezzi. Un vent qui va se renforcer et on avance bien ensuite pour passer au large de Bonifacio à plus de cinq nœuds, ce qui représente quand même à peu près neuf km/h, avec des pointes encore plus rapides parfois, ce n'est pas rien :-)

dimanche 4 juin 2023

Cala Villamarina

 Cala Villamarina


Le vent souffle en rafales, l'averse cache les environs, vérifier les amers est parfois compliqué quand le bateau renâcle trop.


Les amers, ce sont les alignements qu'on prend à terre, un rocher avec l'angle d'une maison par exemple, pour vérifier qu'on ne recule pas, que l'ancre n'a pas lâché. Il en faut plusieurs parce que le bateau ne reste pas en place, il ne tire pas sur sa laisse en ligne comme le ferait un chien fugueur mais il part d'un côté, de l'autre, avant de revenir pour mieux bouger encore. Le seul point fixe, c'est l'ancre, en principe.


C'est l'orage. La météo prévoyait de fortes rafales sous orage… Elle avait vu juste.
Nous sommes abrités sur la rive sud de l'île San Stefano, face à Palau, la grande ville qui dessert les iles Maddalena, plus exactement dans la cala Villamarina. Ici, le paysage est moins somptueux que dans d'autres recoins des îles où le sable colore joliment l'eau en bleu sous les rochers gris ou rougeâtres. Cette cala nous a semblé moins fréquentée que d'autres pour le weekend et bien protégée.


Parce qu'il n'y a pas que le temps à anticiper mais aussi les milliers de bateaux en vadrouille. Nous avons fait le bon choix. Seules deux petites vedettes nous ont tenu compagnie cette nuit, et la cala profonde nous a bien abrités des rafales.


Ici, on chargeait les pierres extraites des carrières de l'île. La plus proche surplombe le mouillage. On y découvre les éléments incomplets d'une statue commandée par Mussolini. L'histoire s'est arrêtée en 1943 et la tête qui contemple la Sardaigne n'a aucune chance de se jucher un jour sur le torse renversé à côté.


Des nombreux bâtiments ruinés que compte l'île, certains donnent l'impression de n'avoir jamais été terminés. Quelle a été leur destination ? A quelle époque ?


Pour certains c'est plus clair : ce fort a été conquis brièvement par Bonaparte, alors lieutenant-colonel, dans l'intention de menacer la ville de la Maddalena ; cet immense hôtel et village de vacances fonctionnait encore en 2019, on trouve des commentaires d'ailleurs assez peu flatteurs sur le Net. Toute une zone de l'est de l'île a été occupée par la marine américaine pendant quelques décennies.



Trois îles et nous au milieu


Qu'est ce que c'est calme ce matin. Il fait soleil. Nous sommes entourés par ces rochers plats qui forment les îlots les plus proches. L'eau est tranquille. Quelques bateaux montrent des signes de réveil.
Nous ne sommes pas encore nombreux dans ce grand mouillage mais c'est le weekend.

Tout à l'heure, ce sera infernal avec l'afflux de bateaux pneumatiques qui ancreront en vrac sur la langue de sable proche, et puis les vedettes arriveront suivies des voiliers basés dans les ports les plus proches. Il y aura des cris partout, du remous créé pas la circulation incessante et le goût des italiens pour les trajectoires les plus directes même si elles sont trop proches de ton bord. Alors ça hurle, ça remue, c'est insupportable pour nous et un paradis pour eux qui profitent du soleil et de la baignade.

 
Quel contraste avec hier en fin d'après midi quand la pluie menaçait. Tout le monde ou presque était parti. Et nous avons marché seuls sur l'île Santa Maria.
Cette île est la seule habitée. D'abord deux ou trois maisons et un hôtel du côté de notre mouillage à l'ouest. Un sentier traverse la partie resserrée de l'île pour déboucher sur une belle plage et un hameau à l'est. C'est l'endroit des bains de soleil, de la foule qui bronze et des débarquements des vedettes qui crachent leurs estivants, mais quand il fait beau, en été. C'était paisible.


Trois hommes bricolaient sur une annexe, un chien est venu nous voir, rappelé par son maître.

Difficile d'imaginer une autre ambiance. On voit toutes les maisons barricadées. On se demande si ce sont des locations saisonnières.


Après une balade jusqu'au vieux phare, tout au bord de l'île, nous sommes revenus au bateau, toujours dans ce temps orageux qui nous plombe depuis des jours.


vendredi 2 juin 2023

Bonifacio


Ca fait très longtemps que nous n'étions pas retournés à Bonifacio. Et nous avons eu tout un tas de bonnes raisons pour y aller :
- le vent ne voulait pas nous laisser aller vers les îles de la Sardaigne. On avançait bien mais pas tout à fait dans la bonne direction ;
- la calanque de la Catena, juste avant le port proprement dit, dispose d'un mouillage organisé moins cher ;
- avec l'annexe, on peut aller acheter ce qui nous manque : du gasoil, de l'eau, quelques provisions (un minimum parce que les prix à Bonifacio sont... particuliers)
- il est temps de faire un peu de lessive ;
- enfin, la ville nous a laissé un bon souvenir.

Pas seulement à nous. C'est la foule à Bonifacio, en bas autour du port, en haut vers la citadelle, sans doute dans les environs mais nous sommes à pieds et n'irons pas très loin.


En bas, c'est la fête, les restaurants à l'aise sur les quais, les gens qui se baladent, ceux qui vont monter dans une des multiples vedettes qui proposent des croisières rapides dans les environs.


En haut c'est le tourisme quand on porte plutôt des baskets pour déambuler dans la vieille ville, faire les boutiques à touristes et les restaurants coincés dans les ruelles.

Les immeubles gris compensent en hauteur le peu de place, les rues restent assez sombres d'autant que le jour manque de soleil, les batiments historiques s'appuient sur leurs voisins, tout est resserré et d'un coup l'horizon s'ouvre sur la mer, le panorama s'offre largement depuis le haut des falaises.

Entre les deux, la pente fait souffrir ceux qui ont perdu l'habitude de l'effort physique, à moins qu'ils n'aient choisi d'aller se garer tout au bout. C'est étonnant de voir que la voiture ainsi privilégiée alors qu'on la bannit de noubreuses villes.


D'ailleurs, au bout, on peut trouver aussi une crèche moderne avec une aire de jeux et un cimetière aux allures de village de vacances.


Bonifacio s'enorgueillit de son passé de citadelle imprenable et autonome, de son port protégé par un fjord resserré, de sa situation sur le trajet des routes maritimes. C'est une chouette ville et tout le monde semble le savoir.

Une petite bande d'adolescents occupe la laverie onéreuse où nous faisons notre lessive. Ils chahutent un peu, s'assoient éventuellement dans les tambours des machines, s'ennuient sans doute, s'avèrent  plutôt sympas, tout comme nos voisins de la Catena, une petite communauté. L'été, quand le port est saturé, ça doit être l'enfer.

jeudi 1 juin 2023

Personnages

 La bande de potes
Ils naviguent entre copains, ce sont souvent des hommes à deux, trois ou quatre sur un bateau. Quand ils sont plus nombreux, le bateau est loué, plus grand, l'équipage est mixte et plus jeune. Ils ont prévu un trajet particulier, passent régulièrement un moment ensemble, entre potes. Ils téléphonent à la maison régulièrement, donnent des nouvelles, en prennent en retour, et sortiront au restaurant tout à l'heure.
En famille, ils seraient plus précautionneux avec la météo. En groupe, ça ira, ils peuvent assurer. "On est là pour faire de la voile, pas vrai ?" Ils sont en général dans la situation inverse des solitaires, ils bougent beaucoup et ne craignent pas d'aligner les journées de navigation sur une période limitée.

Les femmes de...
Elles n'ont pas choisi le bateau. Elles, elles auraient préféré le camping-car, la maison avec la famille, un voyage ou quelque chose de sportif mais voilà, elles ont un mec qui fait de la voile.
Alors, elles l'accompagnent parce ce qu'il le faut bien, sans enthousiasme excessif. Ce sont elles, sans doute, qui feront rater la manoeuvre que monsieur avait planifiée ; le bateau les crispe, leur mec commence à les exaspérer, les conditions ne sont pas favorables.
D'ailleurs, certaines ne font rien, c'est plus simple. Elles se font balader et on a invité des potes pour être en société et pour ¹la manoeuvre. Et puis on est plus rassurés à plusieurs. Attention, on n'est pas dans la configuration de la bande de potes ; il ne s'agit pas là de naviguer trop ; le restaurant le soir est préférable mais les apéritifs et les repas en commun sont autant d'occasions de moments conviviaux et agréables.
Leur crainte du mauvais temps rassure leurs mecs qui ne sont pas obligés d'hésiter quand la météo est indécise.
Enfin, certaines ont abandonné. Elles laissent leur mari partir avec une bande de copains et font autre chose, un voyage entre potes en camping-car, ou elles bossent et prendront leurs congés à un autre moment.

Les couples de navigateurs
Ils peuvent avoir des enfants ou naviguer à deux, ils sont d'accord pour les escales et les décisions, se partagent les taches ou sont capables, plus rarement, d'intervertir les rôles. Ils peuvent avoir des gros catamarans bien onéreux ou de petits voiliers côtiers mais vivent ensemble leur croisière, modeste ou ambitieuse, c'est selon.
Les rôles peuvent être figés et monsieur commande quand madame subit. Ca peut même gueuler quand, évidement, c'est elle qui n'a rien compris. Je n'ai pas encore vu de femme engueuler son mec en public lors d'une manoeuvre laborieuse.

Solitaire amarré
On rencontre souvent des solitaires habitant des bateaux ancrés dans les mouillages protégés proches des ports. Ils restent là un moment ou bien la saison complète si la protection est bonne. Certains travaillent à terre comme saisonniers et vivent ailleurs le reste de l'année après avoir économisé ici. D'autres sont simplement moins pressés que les vacanciers qui courent d'un spot à un autre, désireux de profiter de chaque parcelle de leur temps libre. Ils restent quelque temps puis lèvent l'ancre quand on s'était habitués à leur présence et disparaissent simplement.
Ce sont des jeunes qui ont trouvé une coque pas trop onéreuse à retaper, des plus vieux qui accompagnent leur embarcation depuis des années. Ce sont des bateaux en plastique achetés d'occasion, des bateaux plus anciens faits avec soin et entretenus depuis. Il y a là des rêves revus à la baisse, des envies de coolitude, des situations personnelles...
Avec l'annexe attachée derrière, ils sont chez eux. A quoi peuvent-il passer leurs journées ? Avec l'annexe cadenassée soigneusement, toujours au même endroit jour après jour, ils ont une occupation à terre, régulière et sans doute rénumératrice.

mardi 30 mai 2023

Arbitro

C'est le soir


Un chien qui aboie au loin, de la musique et quelques voix dans un bateau proche, une lumière au sommet de chacun des quatre mâts et une autre à l'étage de la seule maison visible au dessus de la baie. Tout est noir et tranquille.
Le vent du large a disparu, tout comme la couleur de l'eau sur le sable, les plages couvertes de posidonies, les rives rocheuses, la chaleur même.
Demain, le vent d'est prévu nous dissuadera peut-être de continuer. Dans ce cas, la journée se passera à l'abri, ici. Si le vent n'est pas trop fort, on pourra se promener dans les environs en laissant l'ancre retenir le bateau en laisse.

Venir ici depuis Campomoro a été une petite déception après les deux jours de navigation tranquilles que nous avons eus depuis Cargèse. D'abord un vent de face qu'on n'avait pas anticipé puis une mer courte, abrupte dans laquelle l'etrave plantait des pieux et on se traînait.
 "Heureusement", les orages nous ont fourni de la pluie et du vent d'un peu toutes les directions. Il a fallu régler les voiles sans cesse, les rentrer puis les rétablir mais la vitesse s'est bien améliorée, enfin la mer s'est calmée après les écueils d'Olmeto et nous avons terminé, toujours au moteur mais dans de bonnes conditions pour venir nous poser dans la calanque.

dimanche 28 mai 2023

Les pannes


Nadine m'a sommé d'écrire une page sur le sujet des pannes. C'est vrai que...

D'abord le moteur de l'annexe, le petit hors-bord qui fait la tête et qui n'acceptera de faire son boulot qu'après une belle bougie toute neuve. Problème réglé : il tourne comme une horloge.

Toujours l'annexe qui prenait l'eau. Nous terminions nos trajets avec un bain de pieds. La fuite, où était la fuite ? Eh bien dans une pièce décollée que nous prenions pour un simple renfort du tableau arrière. Réparé de manière peu académique avec un platras de joint colle, ça fonctionne.

Puis le moteur du bateau et de beaux moments pendant la traversée vers la Corse. Il s'agissait de scories dans le circuit d'alimentation. Ça va recommencer. Quand ? Il faudra peut-être faire dans le préventif, démonter et nettoyer avant un autre souci..

Après, c'était à la Revellata quand le circuit électrique a refusé tout service. Le moteur ne démarrait tout simplement pas. Il y avait 13 volts partout et pourtant, l'énergie manquait. Merci Jean-Yves qui nous a soufflé de vérifier les masses : un coupe circuit était en panne. Une pièce d'à peine 35 ans !

Le fil d'alimentation du pilote automatique prend des libertés qu'on ne souhaite pas lui accorder. On vient de réparer aujourd'hui.

Et voilà que le sondeur fait des caprices depuis hier et affiche des profondeurs aléatoires. Ça ne va pas être simple pour ancrer si on ne connait pas la profondeur. Un problème de parasites ? Mais pourquoi se déclarerait-il maintenant ? La sonde qui n'en pourrait plus ? Il faut qu'on voie ça demain.

Nous sommes arrivés à Campomoro, sur la rive sud du golfe de Valinco au fond duquel se trouve le port de Propriano. (Propriano, c'est là-bas que nous avions pris du gasoil bien pourri l'an dernier et, depuis, nous avons des soucis).

Campomoro, c'est un très joli mouillage avec un hameau, un quai, une épicerie, quelques restaurants et un hôtel, une tour génoise en très bon état et des randonnées superbes. On aime bien même si on a compris depuis longtemps que l'autochtone faisait péter les prix.
Je suis injuste : sur l'autre côté de la baie, le village et la mairie forment un autre groupe de maisons avec des restaurants sur la plage, une structure de plongée, quelques hôtels et des maisons à louer. Malgré cette description peu engageante, le coin est plutôt agréable en cette saison et les prix légèrement plus légers que de notre côté où nous profitons d'abord des chemins de randonnées.

Nous étions ce matin aux îles Sanguinaires. Une petite balade s'imposait eu milieu des goélands protecteurs de leurs petits, des boules de poils gris qui hurlent en se cachant vaguement la tête dans le maquis. C'est vrai que l'humain ne doit pas être ressenti comme un prédateur ici.

Cette île comporte les ruines d'un lazaret. Les pêcheurs d'éponges revenant d'Afrique étaient soumis à une quarantaine. Ça devait être sympa : tout petit, au chaud l'été, au froid l'hiver...

Nous bénéficions d'une météo bien agréable depuis quelques jours. C'est la deuxième étape que nous faisons tout doucement avec à peine de vent sur une mer plate. Se passer du moteur, enfin.
Ben, il ne manquerait plus qu'il (re)tombe en panne !