dimanche 8 juin 2025

Ça ne pouvait pas louper


Ça ne pouvait pas louper. Être ici, vers Hyères, ça devait impliquer un vent fort d'ouest après un vent fort d'est - ou l'inverse. Et nous devions nous attendre à nous retrouver au mouillage devant la Capte à faire le gros dos face au vent, comme tous les ans.

Bon, il y a des situations pires. Nous sommes un peu trop à l'extérieur parce que nous n'avons pas voulu nous approcher plus près du bord sans sondeur. Les profondeurs marquées sur les cartes sont ici très approximatives : nous devrions être sur 4,50 mètres et une mesure au fil de sonde en donne 3 de plus. Mais au moins nous avons assez d'eau sous la quille. L'ancre est bien plantée.

Le risque sera de se retrouver confinés sur le bateau pendant le gros du vent même si nous sommes parvenus à utiliser enfin le hors bord en bricolant le robinet d'essence pour limiter le débit. Mais quand le vent est trop fort, qu'il génère trop de clapot, l'annexe se transforme en douche pas obligatoirement bien chaude et une panne éventuelle de moteur aurait des conséquences assez fâcheuses.

Ainsi nous sommes en face de la Capte, nous avons fait quelques courses et une balade vers les marais salants voisins, nous attendons une soirée pas encore trop agitée et un renforcement confinés demain.

mercredi 4 juin 2025

Y'a le vent qui s'en vient

C'est du vent d'est et on est à la Courtade sur l'île de Porquerolles. Rien que du normal, du classique : on vient se mettre à l'abri et on attend que ça se passe.
Dans la journée, les rafales sont mesurées. Ça reste très supportable. Simplement, on commence à ne plus avoir envie d'aller à terre, on préfère rester à bord et surveiller un peu.
Il faudrait aller à terre pourtant. Nous avons commandé un pointeau pour le carburateur de notre hors bord et le shipchandler le recevra peut être aujourd'hui. J'avoue que j'aimerais bien tester la réparation.
Ce sera pour demain. La météo prévoit un renforcement progressif durant l'après-midi pour culminer avec 20 ou 25 nœuds de vent autour de minuit selon les sources. Un moment pendant lequel on ne devrait pas dormir.

Minuit. De belles rafales. Notre station météo (dont l'anémomètre n'est pas trop précis) a marqué plusieurs fois des rafales à 33 nœuds de vent. Il y a de quoi bousculer un peu le bateau et justifier une surveillance dans la nuit. La pression est bien descendue ; il faut attendre le passage du front.
Ce qui est fait vers une heure. D'abord on a l'impression que les rafales sont moins fortes. Et puis, l'accalmie se confirme. Ça souffle encore passablement mais puisque tout allait bien au maximum du vent, il n'y a plus de raison de rester debout. C'est l'heure d'aller au dodo.

Mon téléphone marin


Mon téléphone me sert à un peu tout sur le bateau. C'est un outil multifonctions quand on l'associe à un réseau, aussi indispensable qu'un couteau.
Il a relégué l'ordinateur au fond d'un coffre, trop long à mettre en œuvre et trop énergivore. L'appareil photo ne sort pas toujours, trop encombrant et lourd dans le sac étanche.
C'est le premier instrument consulté le matin pour les bulletins météo bien plus accessibles ainsi qu'à travers les instruments du bord.
En France méditerranéenne, une application formidable cartographie les zones de posidonies pour éviter de les tâter avec l'ancre.
En navigation, les cartes marines s'affichent aussi sur le téléphone, bien trop à l'étroit dans le petit écran mais lisibles quand même.
Un stroboscope m'indique très grossièrement la vitesse de rotation du moteur dont le compte tours n'a jamais fonctionné.
Les cartes de randonnées, les compétences des communautés marines en ligne, tout ceci est accessible depuis ce petit boîtier assez peu exigeant à condition d'obtenir un peu de réseau pour lequel il faut parfois chercher un peu. En France, les antennes relais ont tendance à privilégier les terres habitées plutôt que les déserts.

lundi 2 juin 2025

Port Man

Nous craignions l'affluence autour de Port Cros en ce weekend de l'Ascension. Ça va, c'est supportable et nous trouvons une place pour poser l'ancre.

Nous sommes dans une zone où le mouillage est en principe interdit aux bateaux de plus de 12 mètres, ce qui doit en contrarier beaucoup mais allège sans doute considérablement la fréquentation. C'est peut-être pour ça que nous ne sommes pas les uns sur les autres dans la grande calanque de Port Man.
Et comme il n'y avait pas trop de vent, il était temps d'aller acheter du pain... au port, c'est à dire de l'autre côté de l'île, soit une heure et demie de marche aller et autant pour le retour par la route la plus directe. Cette route dans la forêt, c'est d'abord un chemin approximativement carrossable, elle n'est goudronnée que vers le village quand elle se nomme la route des crêtes. C'est vrai que la vue est belle depuis les hauteurs.
Elle porte un autre nom : la route des forts. Eh oui, aux seizième et dix-septième siècles, les îles ont gardé la frontière et elles ont été anglaises brièvement. On s'est battu ici jusqu'aux bombardements de la deuxième guerre mondiale et les trois forts en ont souffert. Après, ce fut le moment du parc naturel régional et du tourisme.
D'ailleurs, il y a plein de monde au port. A croire que les gens prennent la navette depuis le Lavandou pour venir au restaurant à Port Cros. C'est aussi un endroit fréquenté par les bateau, de plaisance : le port est plein. Il y a même une file d'attente organisée devant le bureau du port.
J'ai trouvé du pain dans la minuscule épicerie. 1,80 € la petite baguette, mais estampillée bio.
Plusieurs plages sont autant de points d'attraction pour les touristes mais il est peut être un peu tôt dans la saison. En tout cas, on croise plutôt des marcheurs sur la voie principale ou personne sur les chemins secondaires. C'est sur une de ces voies de traverse que bâtiment Notre Dame fait l'effet d'une ancienne ferme sur le modèle de celle de la Sardinière en meilleur état. Tout est ruiné et assiégé par la forêt sauf l'ancien four au volume étonnant dont le parfait état semble indiquer une restauration.
Ces parcours forestiers à travers crêtes et vallons sont le domaine des sangliers dont on repère les traces un peu partout. Un piège est installé qui ne paraît pas avoir été efficace.
Les autres bestioles qu'on a vues en plusieurs séjours ici ? Des insectes, des oiseaux de mer bien sûr, des pigeons et puis quelques rats des bois, des lézards en nombre et une grosse couleuvre noire impressionnante, grosse presque comme mon poignet, longue de plus d'un mètre.
Dimanche soir, l'anse est tranquille. Restent quatre ou cinq bateaux ; les autres sont repartis au travail. Les agents du parc font une incursion et virent les deux voiliers de (largement) plus de 12 mètres. Nous sommes trois à passer la nuit de dimanche à lundi.