mercredi 23 juillet 2025

Un aperçu des Alpes japonaises

 



Il a fait chaud mardi et mercredi sur Takayama. Nous y logeons dans une auberge de jeunesse, une guest house, accueillis à notre arrivée par une française membre du personnel. C'est une maison traditionnelle de la taille d'un hôtel. Construite en 1925, elle a été réhabilitée il y a peu. L'intérieur est traité en aménagement traditionnel : tatamis à peu près partout, une quinzaine de chambres équipées de futons et de clim.

Le rez de chaussée comprend les espaces collectifs, salle d'accueil et de réunion, espace avec foyer, cuisine de collectivité, toilettes.
Nous serons là trois nuits, soit deux jours d'exploration. Takayama semble célèbre pour ses maisons traditionnelles et comme porte d'entrée pour la montagne, et les rues s'avèrent très fréquentées aussi bien par des touristes autochtones que par des étrangers. On flâne, on découvre, on goûte (beaucoup), on marche sur les hauteurs entre quelques temples et les maigres restes d'un ancien château, on dine dans un excellent restaurant...
A une demi-heure de route, une marche dans la forêt vers des cascades nous attire bien. La route passe par de profondes vallées où de charmants villages surveillent des rizières. Les pentes sont couvertes de bois denses qui paraissent impénétrables.

Il existe pourtant des sentiers comme celui qui va nous emmener plusieurs heures au-dessus d'un torrent dont le lit est accidenté par quelques très belles cascades

Les ours ne sont pas nos amis si on les surprend alors il faut les avertir, parler, chanter ou faire sonner un bout de fer...


Encore un restaurant sur le parking, l'endroit est assez perdu et il ne reste qu'une part de soba (pâtes au sarrazin) et trois truitelles à faire frémir un garde pêche. C'est bon, rustique, apéritif pour le onsen dans lequel on va tremper après. A l'emplacement d'une source chaude, des bains sont aménagés face à la nature. Ici, on a coiffé le tout d'un immense bâtiment qui propose même une piscine. C'est comme d'habitude parfaitement organisé.

Des affichages en franponais, ce français affiché mais parfois approximatif.

Le palais impérial

Ce titre est déjà mensonger parce que , du palais impérial on ne voit rien. Ou alors il faudrait évoquer les fondations dont il ne reste qu'une plateforme sommairement aménagée de laquelle on domine le parc.
C'était l'emplacement du château, bâti sur une butte artificielle pour le surélever. Les
Châteaux de plaine se débrouillaient comme ils le pouvaient pour gagner en hauteur.
Autour, il y avait une véritable cité, des bâtiments, des palais, le donjon était érigé pour servir de dernière défense. De tout ça, il reste de monumentales portes d'accès, des parties invisibles pour le public, quelques anciennes maisons assez modestes dans un immense parc verdoyant au plein cœur du Tokyo moderne.
Deux lacs parce qu'il faut bien faire vivre des carpes koî et aménager de petits ponts en dos d'âne, et surtout des pelouses, des bosquets taillés et des forêts à peu près sauvages, peut être en compensation de celles que la mégapole perdait en grandissant.


Tout est fait pour la promenade avec des chemins aménagés et des moustiques discrets mais efficaces. On n'entend pas les bruits de la ville, abrités à l'intérieur des impressionnants murs d'enceintes formes d'énormes blocs de plus en plus gros, de mieux en mieux formés suivent les époques et toujours montés sans mortier.
Bien sûr, il fait chaud, il y a du monde, on retrouve des touristes, le français se parle bien à cette époque de l'année mais la superficie évite l'impression de foule.

mardi 22 juillet 2025

L'homme et la machine

Le conducteur du train, entre automatismes et routine, en navette consciencieuse entre les deux portes latérales. Le bouton rouge pour l'arrêt d'urgence, le nez à la portière pour repérer les obstacles qui pourraient être des suicidés en puissance. Le champignon noir klaxon. La clé pour les portes dédiée à un côté. Quand on doit ouvrir les portes de l'autre côté on emmène la clé.

Tokyo, premier arrêt, deux jours de marche









C'est notre premier passage à Tokyo où nous avons prévu de revenir à la fin de notre séjour.

Nous allons y passer trois nuits et deux jours à beaucoup marcher, à prendre des transports en commun efficaces, à découvrir un esoace-monde où nous soignons les effets de notre décalage horaire.
Un espace-monde, je le vois comme ça parce qu'il n'y a pas besoin d'en sortir, on pourrait vivre ici sans s'occuper d'ailleurs dans une autarcie urbaine toujours variée.
Entre l'urbanisme élancé de Shinjuku et la myriade de petits quartiers aux ruelles tranquilles, cette ville n'en finit pas d'être un centre ville contrasté.
Ces contrastes se retrouvent dans les transports en communs. Des trains urbains et leurs petites stations semblent sorties d'un film du milieu du siècle dernier alors qu'on peut se perdre dans les les stations souterraines qui organisent sur plusieurs étages la fusion improbable des métros, des trains rapides et d'une foule affairée, discrète et bien disciplinée. Bien disciplinée dans son comportement mais très à l'aise dans cet environnement.







La suite à notre prochain séjour...


Yodobashi camera


Une sorte de monstre, un magasin superlatif dévolu aux appareils photos et aux accessoires. Quand j'évoque un magasin, il s'agit en réalité de cinq immeubles, rien que ça, avec plusieurs étages pour chacun et une armée de vendeurs pour t'aider à choisir dans tout ce matériel que tu peux essayer, bien entendu.


Les appareils à X euros et 160 fois plus de yens sont là, on peut toucher et je suis assez content.
Le quartier est animé, les immeubles surplombent, les passants se bousculeraient s'ils n'étaient japonais, Godzilla surveille attentivement tout ça.

lundi 21 juillet 2025

Une maison

Ici, c'était sans doute la maison des parents qui a été rafraîchie. Les propriétaires vivent à côté, une haie procure un peu d'intimité même si elle laisse passer le bruit de la circulation de la route. L'isolation n'est pas prévue au programme.

Imaginer la maison : deux pièces nues et des tatamis au sol ; les murs sont beige clair, montés sur une structure massive de bois clair ; les portes en panneau de papier tendu coulissent légères ; deux grandes baies vitrées éclairent l'espace, à peine occultées par des panneaux mobiles faits de papier tendu. Tout coulisse sur des rails : le bois des shojis, les baies vitrées et les moustiquaires dans un ensemble très pratique à manipuler.
Des placards rangent les futons, ces matelas pliants que nous disposons sur le sol pour faire nos couchages de la nuit.
Comme mobilier, une table basse, un petit canapé fatigué, quatre zabutons, des coussins carrés plats et fermes sur lesquels on s'assoit, une télé sur une petite étagère.
Ici, on vit près du sol sans sacrifier au confort et on aménage la pièce à sa guise.
 En témoigne l'absence d'interrupteurs d'éclairage remplacés par des télécommandes plus pratiques.
La climatisation est indispensable.
 La maison possède d'autres pièces qui en sont dépourvues où la chaleur n'incite pas à un séjour trop long : une cuisine bruyante du côté de la rue, les toilettes à la lunette chauffante, une salle de bain japonaise.
La salle de bain japonaise comporte deux petites pièces : la première avec un lavabo et la machine à laver ; la seconde; fermée par une porte de douche, est une cabine de douche dans laquelle on a ajouté une baignoire.
Enfin, cette baignoire elle-même est particulière : profonde et courte, on la remplit d'une eau qu'elle va maintenir au (très) chaud le temps qu'il faudra pour que plusieurs personnes puissent s'y prélasser, y passer un moment de détente solitaire après s'être soigneusement lavés sous la douche.
C'est vraiment un chouette concept.
La cuisine présente aussi quelques particularités : la table de cuisson intègre un mini four à tiroir pour faire griller par exemple du poisson ; un petit four portable est courant et peut être doublé d'un micro ondes.
Le reste de l'équipement nous est familier.

dimanche 20 juillet 2025

Heureux qui comme...


Il nous en aura fallu du temps pour la trouver.
Faute d'avoir memorisé les détails, nous avons fait avec des bribes de réminiscence et l'aide de Maps. L'adresse que nous avons encore en tête est inconnue mais le quartier est indiqué un peu plus loin que ce que nous imaginions.
Nous pensions monter la Kagurazaka, une rue animée devenue très commerçante. Nous avons donc remonté la Kagurazaka avec une petite larme à l'oeil à la vue d'un magasin qui avait le bon goût d'exister déjà il y a presque trente ans.
Mais où tourner à gauche dans les petites rues de ces quartiers bien tranquilles parsemés dans la ville ?
Autant continuer jusqu'à ce prochain boulevard pour passer par un autre chemin peut être plus facile ? Le problème c'est qu'il n'y a rien ici qui nous interpelle. On le suit un peu plus loin, on traverse le boulevard oublié, on enfile un peu au hasard une petite rue, à droite, à gauche... Maps est perdu mais notre rue pouvait ressembler à celle-ci qui descend et ça y est, elle est là !
Elle a toujours la même cour minuscule, les mêmes fenêtres, on aurait pu la quitter hier. Ca fait vraiment plaisir de la revoir.