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mardi 21 juillet 2020

Traversée


85 milles. Nous avons déjà fait largement plus long. C'est d'ailleurs cette distance inférieure à 100 milles qui nous a incités à éviter de passer une nuit entière en mer.
Mais même avec le projet d'arriver en début de nuit prochaine, ce fut dur de nous lever à 2 heures du matin. Le manque de sommeil était d'autant plus marqué qu'une méchante petite houle nous a ballottés quand nous voulions dormir. Et puis se lever et partir sur un pont tout humide dans une nuit sombre car sans lune, où il fallait éclairer la moindre de nos actions : préparer le mât, remonter le mouillage, nous faufiler à côté du haut fond voisin pour partir vers le noir.... Bof.
Le vent était limite, les débuts ont été laborieux. Il a fallu se dérouter pour pouvoir établir les  voiles et, même ainsi, ça n'avançait pas bien vite, et nous craignions que le vent refuse et qu'on se retrouve à tenter de le remonter avec notre petit moteur.
Quelques bateaux ont montré leurs lumières à décrypter. Nous avons croisé un voilier et distingué seulement ses voiles à quelques mètres. Heureusement,  ses feux de navigation étaient visibles de loin.
Des voiliers qui traversaient,  mais dans l'autre sens vers la Corse, il y en eut trois,  les deux derniers dans la journée.
Une journée pendant laquelle, malgré nos craintes,  le vent ne nous a pas abandonnés. Il a même fini par bien vouloir varier un peu et nous permettre de faire une route directe. Bien gentil le vent ! Mais il s'agissait en plus d'aller vite pour arriver le soir, alors ce fut voiles et moteur pour rattraper le temps perdu du début de parcours. 3,5 nœuds d'abord et puis la moyenne est montée à 4,3 nœuds en fin d'après-midi.  Là, nous filons plus de 5 nœuds vers San Remo avec l'espoir d'arriver bien avant la nuit et, surtout,  d'y trouver une place.

Ajout du lendemain matin
Nous sommes arrivés vers vingt heures trente, bien contents à la fois de trouver un endroit où nous poser et d'être allés si vite : nos 4,6 noeuds de moyenne nous ont permis de faire le trajet dans la journée et de le compléter par un petit tour en ville à la nuit.

samedi 25 mai 2019

San Rémo


Les bateaux baladeurs trouvent ici un abri gratuit pour trois jours, s'il y a de la place au quai public. Pas d'eau ni d'électricité, et un parking à voitures voisin. Mais c'est un endroit sûr en plein centre ville, c'est rare.

San Rémo, c'est l'Italie. Dit comme ça, c'est une évidence. Nous avons fait une étape courte depuis la France et le contraste est là. D'abord, les conversations en italien, même si le français s'écoute un peu partout, comme nous le vérifierons au marché ; et puis les deux roues, la fringue, la conduite, le fouillis, le design, les triporteurs à plateau, les carabinieri aux uniformes variés et incompréhensibles, les italiens extravertis, le bruit, toujours...

San Rémo, c'est aussi sa vieille ville, ruelles étroites en pente, en marches, en tunnels, en montée vers des quartiers plus aérés, avec partout des immeubles même si des entreprises ou des villas s'échelonnent sur les hauteurs. Ici, on constate moins d'entre soi dans l'habitat qu'en France voisine. Les gens passent du temps dehors, font la passagiata autour du port, discutent sur les bancs des places, se reconnaissent, se saluent...

Mais les glaces à un euro, c'est terminé. Leur prix a bondi, comme pour les chaussures, les habits, les fruits. San Rémo est une station balnéaire courue. Il y a du monde partout et surtout dans les rues piétonnes et leurs boutiques ou aux terrasses des très nombreux restaurants.


Le port est animé ; voiliers, skiffs, école de voile, pêcheurs, ça circule, ça vit. Mais le grand chantier du vieux port ne semble plus travailler. Il n'y a plus de grand yacht sur le slip. Il reste seulement deux chantiers plus petits, tout à l'étroit, ainsi qu'un autre, bien à l'aise, du côté du port privé, de l'autre côté.



Correctif du lundi.
Un gros yacht est tiré à sec au chantier où il reçoit sa douche de carénage. Les chantiers sont peut-être tassés sur peu d'espace, ils sont actifs, jouant de la grue et de la lance à haute pression.


Quant à nous, nous patientons, attendant une météo favorable : balades, lectures...