samedi 12 mai 2018

Gruissan

Le port...

Faut bien y aller de temps en temps. Les raisons principales pour y passer un moment peuvent être le mauvais temps, le manque d'abri dans les parages, le manque de carburant, un ennui technique, les achats divers, un rendez-vous avec les copains ou des visites...


Le mauvais temps s'annonce vigoureux. Il y a des moments où il vaut mieux se balader à pied que sur la mer. Comme les progrès de la météo permettent d'anticiper plus facilement qu'auparavant ces épisodes perturbés, le jeu est de se faire coincer dans un endroit choisi plutôt que subi, à condition de ne pas se tromper dans l'interprétation qu'on fait des prévisions.

Là, c'est tout bon : le temps se dégrade à l'heure prévue. On est coincés pour plusieurs jours. L'endroit est agréable bien qu'un peu frais. Il faut dire qu'il y souffle maintenant un air froid qui nous ferait regretter de sortir. Il fait 10° le matin à Gruissan, en cette mi-mai. La Tramontane...


Avec cette humidité, la pluie qui est tombée, Gruissan pourrait faire penser au Mont Saint-Michel...


... et le boulodrome est déserté dimanche. Lundi, malgré le vent et la pluie, c'est plein de joueurs.


Le passé maritime gruissanais est affiché au cimetière marin. Rien à voir avec celui de Sète. Ici, c'est une sorte de chemin de croix assez large, inauguré par un monument et régulièrement bordé de cénotaphes à la mémoire de disparus de la deuxième moitié du XIX° et du XX°.


D'après ce que j'ai vu, ça concerne ceux qui ont offert une stèle à leurs défunts. Quand il est question de simples marins, ce sont les fils ou neveux de... La famille Rouquette semble avoir laissé du monde un peu partout en mer.


Les tailles de pierre peuvent être maladroites, laisser quelques fautes d'orthographe et des défauts d'alignement ; les marbres sont bien conservés ; les messages, en général très pieux, peuvent trahir frustration ou colère.


C'est un coin très fréquenté, même par les chauve-souris dans une grotte sous la chapelle qui culmine ce très beau secteur entre pinèdes, prés bien verts, ruisseaux. A cette (petite) altitude, il y a une humidité qui ne doit pas tout au temps actuel et la mer semble lointaine.


Plus bas, Gruissan se donne des allures insulaires entre la mer, les marais salants et les étangs. On y fait du vent, un château ruiné, du vin, du sel, du poisson, du touriste souvent retraité et parfois randonneur, des bateaux et on attend la grosse affluence estivale.


Les petits coins sympas ne manquent pas pour nos balades soufflées, côté campagne ou dans une ambiance plus maritime vers les vignes, les étangs et les salins.





Il y a encore un autre Gruissan, vers la plage et les sports de glisse, avec un véritable bourg de chalets à l'ambiance parfois américaine.



mardi 3 avril 2018

Arles, le weekend de Paques

Arles, le weekend de Pâques... Tout tourne autour de la vache en centre ville. On croise des groupes organisés traînés par leur guide dans les rues qui montent aux arènes, des flics qui surveillent encore mollement avant 10 heures le matin, quelques fanfares complémentaires, au moins dans les couleurs de leurs vestes. Des stands s'installent encore, des musiciens en retard s'exposent aux railleries de quelques habitués, des bénévoles organisent les déplacements des véhicules.

Des humains agglutinés, de dos, quelques cris, c'est suffisant pour qu'on aille voir. Un pâté de maison a été isolé par de hautes grilles derrières lesquelles les rues forment un circuit où s'époumone une vache taquinée par des jeunes à la recherche d'un peu d'adrénaline. La pauvre bête saigne de la bouche. Elle a dû taper trop fort dans un mur ou une barrière, à la recherche d'un moyen de se débarrasser de la multitude qui l'affole.

Un café bien bon dans un restaurant encore désert et bien décoré, c'est sympa avant d'aller aux arènes portatives.


Là aussi, des jeunes s'amusent à affronter une vache. C'est plus organisé : le terrain est rond et recouvert de sable, les bêtes se succèdent à intervalles réguliers sans s'épuiser complètement. Ici, il s'agit de décrocher deux cocardes en respectant les règles du jeu.

On y gagne un peu d'argent offert par les spectateurs ou des entreprises, un peu de stress et de l'amusement en commun. Pas de quoi réjouir les amis des animaux mais on est loin des extrémités de la corrida. C'est un spectacle très populaire où les jeunes en survêtement sont les plus nombreux, à la fois sur les gradins et sur le sable. Ça crie, ça rigole, c'est sympa et l'organisation est huilée, avec un animateur et la musique.

En deuxième partie après avoir fatigué quatre vaches avec les gens du coin, c'est un deuxième élevage qui en fournira trois pour un concours de raseteurs. Eux ne se contentent pas de récupérer une cocarde mais ils vont faire des passes, monter des figures codifiées devant les assauts de la bête.

C'est un travail d'équipe pour gérer l'animal, ses placements. On est maintenant loin de désordre de la première partie. Il s'agit de faire un spectacle coordonné.

C'est un travail assez réfléchi et habile qui se terminera en groupe, à genoux pour remercier la vache.

Un petit tour au marché où un stand est tenu activement par les opposants à la corrida qui ne manquent pas d'arguments, même si les stands voisins peuvent ronchonner un peu. Nous y mangeons au pain cher, sous du provolone cher, avec une pomme chère.

jeudi 19 octobre 2017

Deux jours en Suisse

Des paysages époustouflants, depuis la sévérité du Simplon, la majesté des massifs au-dessus de Saas Fee et le massif du Cervin ainsi que le Menerhorn après Tasch.



Justement, après Tasch, il faut affronter un commerce juteux qui consiste à interdire la route aux visiteurs et à leur faire payer le train au prix fort pour les 6 kilomètres restants. C'est tout gagnant pour les habitants de Tasch qui ont pu s'implanter comme taxis et fournisseurs de parkings. Ils ne peuvent que réussir grâce à cette combinaison. Nous hésitons à nous rendre à Zermatt et renonçons.
Parce que l'expérience à Saas Fee était très moyenne dans le genre station de ski avec Immeubles chalétiformes et boutiques. Bof.


On se rattrape à Grimentz : c'est une station, c'est aussi un superbe vieux village dont les maisons en bois nous occupent un moment. C'est vraiment la patrie du bois qu'on célèbre dans les bâtiments, les greniers sur pilotis protégés des nuisibles par des pierres plates, les statues dans la rue principale.
Le lac Moiry, plus haut, est d'un bleu violent dans la lumière du soir ; il sera plus laiteux au matin. Là-haut, les derniers rayons du soleil effleurent quelques sommets, le glacier se refroidit, c'est magnifique.




Le matin, nous partons en balade vers le refuge Moiry. La glace craque un peu sous les pieds, la terre est dure, les plus hauts sommets s'éclairent lentement. Notre progression n'est pas non plus très rapide entre les pierres jusqu'au panorama qui nous est offert là-haut sur le cirque et le glacier avec le soleil en plus.




On a vu trois sortes de promeneurs :
- les montagnards sont partis à l'aube et n'ont pas laissé de traces. Ils sont en haut ou évaporés ;
- les marcheurs sont montés aux environs du refuge. Bonnes chaussures, souvent avec des bâtons, ils ont un sac chacun quand ils sont tardifs. On les soupconne d'emmener leur pique-nique ;
- les promeneurs restent en bas. Bonnes chaussures et survêtement, ils ont bien envie de monter mais ne courent pas de risques. Ils profitent de la vue mais les balades horizontales sont limitées.

Deux jours, c'est très très court.

vendredi 13 octobre 2017

Les Cinq Terres

Ce qu'il aura fallu faire d'autoroutes pour aller jusque là, les tronçons rectilignes et les virages de l'approche de Gênes dont la banlieue semble interminable, pour atteindre enfin des coins plus calmes. Nous allons, un peu par hasard, à Setta Anzo Framura. C'est un petit coin de nulle part, desservi de petites routes pentues et assez étroites pour interdire les croisements. Les maisons résidencent dans les arbres, à l'abri derrière leurs portails. Tout en bas, au bout, il y a la gare, un parking, un accès piétonnier à un petit port, et deux lieux éclairés à cette heure tardive : la station et un tunnel pour y accéder. D'ici, on se croirait dans une banlieue tranquille.


A Montaretto, nous resterons en haut. D'abord le bourg est sympathique, les habitants semblent accueillants. Et il y a un restaurant qui parait être le point de rencontre local et nous attirerait bien, mais il est trop tôt. Nous nous contentons d'une balade dans le bourg et ses environs.
Les pentes escarpées sont couvertes de maquis quand elles n'accueillent pas de la vigne et des oliviers prêts pour la récolte. Plus loin, nous serons dans les châtaigners.



Benassola est plus grand, c'est une petite ville du bord de la mer, avec une plage très aménagée, un caïque mouillé devant, une grande rue piétonne à l'abri de la digue et des commerces ouverts bien qu'il n'y ait pas une grosse affluence. La focaccia est très bonne, mais nous n'avons pas réussi à en traduire la recette malgré les efforts du boulanger. C'est une bourgade un peu endormie en cette saison qui a rangé soigneusement les animations de l'été.


Nous entrons dans les 5 Terres en gagnant Levanto. Aïe ! Nous rejoignons le tourisme de masse et ses excès. Surtout les excès. Nous n'avons pas perçu le moindre intérêt à rester là. Autant regarder de loin, de haut, c'est joli et la Méditerranée est superbe. Le reste, la ville, les boutiques à touristes et l'afflux étonnant en octobre, il faut le laisser aux nombreux anglais, aux retraités dépassés, ou bien sportifs ou alors élégants, mais toujours en couples. Les parkings deviennent payants et l'organisation vise à une gestion efficace de l'afflux jusque dans les check points des sentiers : c'est une réserve italienne, tout est donc organisé pour passer à la caisse. Il fait chaud. Les plus jeunes sont sur la plage.


A Monterona al Mare, on se baigne aussi. Et on retrouve cette ambiance fracassée depuis longtemps par le tourisme de maintenant ou les villégiatures d'antan dont les bâtiments sont difficiles à éviter. Les routes sinueuses n'ont vraiment préservé ces lieux. Il vaut mieux aller plus haut, dans les bourgs si joliment perchés, où l'environnement est plus tranquille, les chemins accessibles et les forêts de châtaigniers superbes avec leurs couleurs d'automne.


Heureusement, il y a Vernazza au bout de son vallon. Il y a du monde, on y vient pas la route, par le train, par la mer et c'est superbe. Une descente accidentée dans la forêt débouche sur le vallon qui conduit au bourg. Il y conduit aussi de l'eau - beaucoup d'eau - et des boues. On en voit des traces dans les parties arrachées aux terrasses en amont, dans les murs tachés jusqu'au premier étage des premières maisons. Passant sous le chemin de fer entre les boutiques, la rue principale finit au port où tout le monde finit par se retrouver. C'est le cœur du lieu, avec l'église, la place et ses terrasses, la plage rocheuse et la jetée. Autour, les maisons poussées en hauteur, étagent leurs murs pastels dans la pente et sur le promontoire ; les rues sont des escaliers de débris de marbre noir ou de briques, les vignes tout autour sont exploitées avec des drôles de petits funiculaires, des motoculteurs à une place et deux ou trois petits wagons à plateaux en grille métallique, à cheval sur un rail dont les courbes grimpent dans les pentes.






Corniglia, nous y arrivons un peu trop tard. Le soleil est en train de se coucher, ce qui ravit les spectateurs massés sur la dernière terrasse du bourg à attendre que le soleil plonge. Les touristes sont à l'apéritif ou s'interrogent sur leur restaurant. Il n'y a pas de gare : on en voit pousser leurs valises de loin sur la route. Ont-ils manqué le bon bus ?

Manarola et Romaggiore concluent notre tour. Les deux voisines sont à une petite heure à pied, reliées par un sentier taillé dans la falaise.. Il faut largement ce temps en voiture avec les détours de la route, d'autant qu'il faut se garer loin des bourgs pour trouver de la place. Ces deux villages sont superbes, leur port charmant mais nous en sommes maintenant à détailler les différences entre les bourgs : la propreté maniaque de Manarola où une association locale soigne le patrimoine et les vignes en terrasses, par exemple. Serait-ce un début de lassitude ? Trop de monde sans doute, trop d'apprêt aussi. Pourtant, nous apprécions ces paysages que nous retrouverons également à Porto Venere : l'architecture est semblable ; la ville est plus développée et la rade de la Spezia superbe.


 Les vignes cultivées en terrasses sont souvent d'accès acrobatique. L'engin qui remplace un motoculteur impuissant ressemble à un monorail à crémaillère, monoplace et aérien.


Admirer les jolies courbes du rail :


D'autres photos ici

jeudi 31 août 2017

Photos

Des liens vers des albums de photos classées par thèmes, toutes issues de notre balade de deux mois en Méditerranée...

D'abord les paysages marins que nous avons photographiés. Ils montrent toujours la mer, souvent le littoral, et parfois des traces humaines...

Des photos des ruelles dans lesquelles nous avons pris plaisir à jouer les badauds, les yeux en l'air... Et, de manière plus spécifique, des façades et des ouvertures ici.

Des coups d’œils et de chance...

Il resterait à peaufiner les rangements de ces photos... Plus tard ? En tout cas, elles sont disponibles, téléchargeables en plusieurs qualités grâce à Flickr. La meilleure définition permet les impressions.


dimanche 6 août 2017

Une traversée



Comment décrire ce moment particulier ? Faut-il d'abord aborder le stress induit ? Ou alors ces moments où on est isolés dans 360° de paysage horizontal, quand tout va bien, quand le mauvais temps n'y met pas de l'animation ? Ou alors faut-il commencer par la fin, par la satisfaction de l'avoir faite, cette traversée ; nous qui ne nous pensons pas marins, nous sommes allés de l'autre côté...


 Le stress, c'est celui d'une situation exceptionnelle. Les interrogations peuvent être multiples, entre météo et matériel. La météo, c'est de mieux en mieux. Le temps est prévu d'une manière toujours plus fiable. Et ce n'est pas obligatoirement toujours rassurant parce que les informations sont plus nombreuses qu'avant, plus accessibles et nous pouvons anticiper de manière plus fine et plus inquiète sur le développement de la houle, des orages , le vent qui pourrait se mettre de face... Le matériel, ça peut être le moteur et les inquiétudes qu'il nous offre de bon cœur : va-t-il chauffer, aura-t-il des soucis qu'on n'aura pas la compétence de résoudre ? Le reste du bateau fait davantage confiance mais ce n'est pas un foudre de guerre qui pourra partir au près serré comme un voilier de compétition...
Durant la traversée, notre emploi du temps oscille entre temps libre à occuper, manoeuvres de navigation, et veille plus ou moins attentive selon les moments et les conditions de navigation. Il faut dire que l'apéritif pris au milieu de nulle part est bien agréable. Aucune terre à l'horizon. Si des lumières apparaissent, ce seront celles de navires. Compréhensibles, elles seront des anecdotes qui ponctueront le voyage ; erratiques, difficiles à déchiffrer, elles rejoindront le paragraphe précédent consacré au stress. C'est que les pêcheurs ont inventé mille manières de nous pourrir la tranquillité : la recherche aléatoire du poisson ou, plus difficile à gérer, les filets dérivants dans lesquelles s'accrocher, de préférence par l'hélice.


Après, on sera arrivés et ce sera bien. D'abord, il y aura le soulagement de n'avoir plus à guetter l'incident. Ensuite la satisfaction d'avoir fait le voyage, et puis d'avoir conquis le lieu d'arrivée. Nous ne serons pas descendus d'un avion mais aurons planifié, étudié, géré, mené à bien notre navigation.

mardi 1 août 2017

Santa Maria

Trois îles, au nord de l'archipel de la Maddalena, sont regroupées ici, formant entre elles un abri bienvenu. Quelques corps morts permettent à une quinzaine de bateaux de s'amarrer sans défonceer les fonds, les autres - une énorme quantité d'autres - ancrent à qui mieux mieux dans un joyeux va et vient où on repère rapidement des bateaux traditionnels. Certains semblent utilisés en charter à la journée, complétant les nombreux bateaux de location.




Nous ne sommes loin ni de la Sardaigne avec Palau ou la Maddalena, ni de la Corse avec Bonifacio ou même Porto Vechio à peine plus loin. Il y a donc du monde, ce qui doit arranger les affaires du restaurant qui se niche sur l'île de Santa Maria. Un quai ; un chemin bien entretenu ; un kiosque avec un peu d'ombre pour des sièges ; un vieux Piaggio pour les transports ; deux drapeaux italien et sarde pour accueillir des clients. La terrasse et les bâtiments sont discrètement implantés un peu plus loin. L'endroit est sympathique, un peu perdu sur cette île qu'on imaginerait inhabitée.

Inhabitée, elle ne l'est pas du tout. Nous suivons le chemin qui la traverse pour aboutir à un hameau en bord de plage donnant sur l'est. Là aussi, il y a un quai. Il fait l'affaire des vedettes qui débarquent leurs cargaisons de vacanciers. On se pousse un peu sur la plage. Derrière, les cabanons ou les maisons doivent vivre des soirées préservées dans un cadre superbe.


Un sentier traverse vers le phare, sur la pointe nord-est. C'est une grosse bâtisse parallélépipédique surmontée d'une tour avec sa lanterne et le panneau solaire qui l'alimente.


Dessous, eh bien, c'est déglingué ; un échafaudage entoure l'ensemble et commence lui-même à s'effondrer. Les bâtiments institutionnels italiens sont décidément à la peine.



Budelli est la deuxième des îles sur laquelle on peut débarquer. Inhabitée, ses sentiers sablonneux se perdent dans un maquis un peu trop piquant. Il reste deux ou trois petites plages accessibles. Sur la plus grande, face au mouillage, deux hommes remballent leur stand. Trop tard pour savoir ce qu'ils vendaient. Mais nous avons vu le même genre de vente à l'accueil des vedettes, sur Santa Maria : c'était de l'artisanat très éclectique qui était proposé : coquillages taillés et polis en bijoux, colliers, bracelets, fioles de sable coloré, objets flottés...