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jeudi 7 février 2019

Gares anciennes

La gare de Porto et ses azuleros, beau décor, passage obligé pour les visiteurs, un accès bien large vers les trains. Le Routard prétend que l'architecte aurait négligé de prévoir l'accueil pour la vente de billets.






Penhoa, sur le Douro, des airs de gare de western mais rien à signaler à l'horizon. De l'autre côté, des ouvriers agricoles patientent dans des camionnettes qui les ramèneront sans doute chez eux. Ca s'invective gaiement. Une chaussure est l'enjeu d'une blague.


Un des circuits touristiques possibles fait remonter le Douro jusqu'ici en bateau pour revenir à Porto en train, par la ligne qui longe le fleuve. Une croisière est programmée à 16h30 au départ des quais pour un tour local.


Plus loin, la ligne est désaffectée. Les rails ont disparu, pour faire de la place à un chemin de randonnée. Restent les bâtiments, quelquefois isolés, à d'autres endroits enchâssés dans des bourgs endormis.




Un panneau dérisoire menace de poursuites quiconque dégradera les azuleros. Il faut reconnaitre que la préservation des bâtiments ne serait plus très facile.




Le Douro

Le Douro, nous l’avons traversé pour passer d’Espagne au Portugal, à Mirando do Douro plus précisément. Il était encaissé dans des gorges, plutôt sombre dans l’ombre hivernale. Des bateaux qui le parcourent en été, il n’en restait que des quais bien vides, un peu froids et humides.


Nous le retrouvons quelques jours plus tard à son embouchure, à peine protégé par un phare et trois digues quand, têtu, il se frotte à l’Atlantique qui n’en veut pas. Il doit quelquefois y avoir de furieuses explications entre eux deux. Aujourd’hui, c’est assez calme.


C’est tout à fait tranquille sur les quais, en remontant le cours du fleuve de quelques kilomètres vers Porto. Les quais sont pour les promeneurs, les coureurs, les cyclistes en bandes et le tramway démodé. Quelques restaurants ont installé leurs terrasses sur des lieux désertés par la route qu’on a par endroits juchée sur pilotis, sans doute pour gagner de la place.


Le Douro, c’était la vie pour Porto, ses quais, ses ponts, son commerce de vin, ses liens avec l’arrière pays. Il en reste de beaux points de vue, des bâtiments et des ouvrages d’art, du folklore pour ce qui est des rabelos, ces bateaux à voile carrée qui transportaient les tonneaux.


Le vin de Porto, c’est en face, à Vila Nova, et on ne peut pas le louper : rues en pente et entrepôts, bateaux, touristes… Il ne faut pas bouder son plaisir : les façades sur les quais de chaque côté sont superbes. La banlieue n'existe pas depuis le Douro.


Le fleuve se remonte, navigable et patient. Il doit y avoir du monde dessus, à la belle saison.


Plus haut, le côté utilitaire du fleuve persiste avec quelques bateaux de charge, sans doute pour des matériaux. Ici, le granit est exploité : pavés, poteaux, murs, sculptures, et même sous forme de pierre reconstituée pour des boîtes à lettres ou des nichoirs. Les carrières peuvent voisiner avec les terrasses des vignes.


On produit du Porto et des vins rouges ou blancs, Vinho Verde ou pétillant, dans des quintas, des domaines où les ouvriers agricoles s'affairent tôt le matin.


Les domaines peuvent s'afficher depuis la route ou, au contraire, se découvrir au bout de chemins pavés asses isolés.


Le Douro, lui, remonte plus haut, fréquenté par les touristes estivaux dont les bateaux sont sans doute assez petits et maniables pour pouvoir profiter de plages de sable et de criques isolées.


Les aménagements se mettent en place progressivement. Nous avons trouvé la plage et le panneau au bout d'une petite route mal pavée d'une dizaine de kilomètres, une ancienne desserte d'une gare abandonnée aux allures de western.




Un Navire Hôpital pour Terre-Neuve


Le Gil Aennes, lancé en 1955, avait pour mission d’assister les morutiers de Terre Neuve. Il est en partie restauré et sa visite nous attire bien. Bien sûr, on ne peut pas tout voir et certains recoins nous laissent imaginer l’état dans lequel était le navire avant sa restauration.


Nous passons d’abord par la passerelle, équipée chichement : un radar « à visière », un Loran ancêtre du GPS, un gyrocompas, un loch, un compas de route, et plus loin la salle de radio pour les communications.


Pour des marins d'aujourd'hui, c'est frugal mais classieux : cuivres, vernis, caillebotis, et une grande table à cartes.


Les postes d’équipage, les cabines des officiers, l’appartement du capitaine de deux pièces plus une salle de bains avec baignoire – oui, la hiérarchie est marquée dans l’architecture du navire. Il n’y eut que trois capitaines durant la carrière du Gil Aennes.


Descente vers la salle des machines, immense et complexe.

 

Retour vers le groupe électrogène du bloc opératoire et l’hôpital qui s’étale sur trois niveaux desservis par un ascenseur adapté aux brancards.


Les salles d’auscultation et de soins dentaires, la radio, les soins techniques par électricité ou ultra violets, l’infirmerie, les chambres pour une vingtaine de lits, la salle d’attente, le bloc opératoire, les annexes, c’est très organisé. J’imagine qu’on a là un modèle réduit du fonctionnement d’un hôpital des années 50. 


Nous pouvons aussi visiter la cuisine, la boulangerie, les ateliers…


Des vies s’agitaient là, que nous avons de la peine à imaginer malgré quelques photos en noir et blanc.


Toute une condensation devait goutter de ces surfaces métalliques non isolées. Nous n’avons d’ailleurs pas repéré de chauffage.









mercredi 6 février 2019

Hors saison


 Le jour est trop court ; il pleut ou bien il fait froid. Ce n’est pas une période à se balader dehors… Justement, il n’y a pas grand monde. Ce qu’on perd en confort météorologique est compensé par la tranquillité des lieux. Trop ?


Ici, dans le centre ville à Espelette que nous connaissions à une autre période, le contraste est saisissant. Les employés communaux échangent un mot avec un ou deux artisans, un commerçant sur le pas de sa porte. La boulangerie est un point de rencontre. Les voitures locales occupent les places proches. Les parkings organisés sont à peu près vides.


Miranda, au Portugal, deux jours après et en plein après-midi. C’est un autre centre historique à peu près déserté. Au café où nous sommes les seuls clients du moment, on discute. Ces infrastructures du tourisme sont vacantes, elles s’ennuient.


Il faut revenir dans des lieux plus habités, des quartiers qui n’auront pas tout misé sur la masse des touristes, trouver des habitants sur qui on peut compter, ceux qui vivent ici à l’année ou des visiteurs réguliers.


Et puis, si nous étions en manque de foule, Porto, le weekend, nous replongerait dans cette atmosphère si courante de restaurants, boutiques de n’importe quoi, et balades photographiques à l’ambiance polyglotte.


Y a-t-il de quoi se mettre dans des états pareils ?