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mercredi 6 septembre 2023

Jour 15 : Pilsen et l'Allemagne

C'est le matin. La route voisine s'entend bien, quelques pêcheurs se sont garés sur le parking proche, discrets. Les passants sont souvent très avenants et ils ne nous ont pas donné l'impression d'être dérangés par notre présence quand ils nous remarquaient : nous privilégions des coins assez discrets pour les nuits.
Pilsen nous attirait pour la brasserie mais aussi pour le musée de la marionnette, en plein centre ville, superbe (le musée, mais le centre ville n'est pas mal non plus).
Le musée des marionnettes est situé sur la place centrale de Pilsen, cette place généralement rectangulaire, bordée de ces façades Renaissance aux tons pastel plaquées sur des maisons dont on devine parfois qu'elles sont moins hautes que ne le ferait croire leur apparence. Ce placage assez vaniteux, on s'en lasserait maintenant , on préfère regarder les sgraffites ou des maisons plus discrètes.
Tout ça pour dire que Pilsen, comme les autres, possède sa place, sa colonne de la peste, ses pavés, et que cette ville importante ne se contente pas d'héberger la plus grande brasserie de Tchéquie et les usines Skoda, elle hébergé également un superbe petit musée de la marionnette.
Nous sommes accueillis avec le sourire, payons trois fois rien, et partons à la découverte de plus de deux siècles d'histoire.
Depuis la fin du 18 ème, les marionnettes sont documentées ici à travers trois étages d'expositions avec des préposées qui spontanément viennent nous guider, nous lancer les vidéos ou les mini théâtres avec les automates, nous aider à profiter des installations interactives du troisième étage.
Nous nous retrouvons à manipuler maladroitement, à tourner une manivelle par ci, actionner un levier plus loin. Il y a même une pièce avec de nombreuses marionnettes et un théâtre à disposition. Une maman et son fils se lancent dans des improvisations amusantes.
Après Pilsen, il nous reste une étape tchèque, surtout pour un café et une glace.
 Et nous partons pour une traversée vers l'Ouest, six heures d'autoroutes encombrées et de files de camions à travers l'Allemagne. La voie ferrée n'a pas dû être adoptée ici à voir ces théories de bahuts, les aires encombrées où il n'est pas possible de trouver une place, des ralentissements jusqu'à l'arrêt dans certaines montées ; l'autoroute allemande est rapide, efficace mais elle n'est pas reposante entre les camions à négocier à droite et quelques bolides à gauche sur les voies où la vitesse est libre.
Partis de Tchèquie en fin d'après-midi, nous nous posons près de Fessenheim le soir. 

mardi 5 septembre 2023

Jour 14 : de Prague à Pilsen

Dormir en ville n'a pas que des avantages quand on a le sommeil léger. Pourtant, notre coin était plutôt bien choisi mais nous n'avions pas prévu la vitesse de certaines voitures dont le souffle faisait bouger notre fourgon. La nuit, le Praguois n'hésite pas !

Donc lever assez tôt pour moi quand la vieille ville, le pont Charles étaient fréquentés par les lève tôt professionnels, ceux qui nettoient pour les autres dans les rues ou les hôtels, ainsi que par quelques asiatiques que j'imaginais victimes d'un décalage horaire.
Les lieux où des fêtes se déroulaient hier soir, ceux où les restaurants débordaient largement dans la rue, ils sont rangés, presque propres, le "presque" étant justifié par des poubelles encore pleines ou une canette oubliée.
Ce matin, c'est le quartier juif qui nous occupe avant l'arrivée des groupes. Le cimetière juif, on a tant lu à son propos.
Nous n'avons rencontré le golem que placardé sur un restaurant chic du quartier. Ce quartier lui-même est plutôt un concentré de boutiques d'articles de luxe avec des ambitions de Champs-Elysées.
Un escalier puis un passage vouté permettent d'accéder au cimetière. Les tombes sont tassées les unes sur les autres, il peut y avoir jusqu'à 12 étages de sépultures ici, dans un fouillis de pierres tombales plus ou moins bancal. L'endroit n'est plus utilisé depuis longtemps que pour certains offices et surtout les touristes.
Des touristes qu'on retrouve à la synagogue espagnole. C'est maintenant un musée à la décoration chargée centré sur l'histoire des juifs du ghetto au vingtième siècle.
Comment livrer la bière dans un endroit fortement consommateur? En camion citerne.
Avec tout ca, nous repartons seulement vers midi. L'autoroute pour Pilsen, plus précisément la brasserie Pilsen Urquem, principal fournisseur pour les Tchèques assoiffés mais pas seulement puisque la bière est exportée et l'entreprise appartient à Asahi (Japon).
Ici, in a modernisé les équipements mais on se vante de produire la même bière que les fondateurs dans une continuité mise en avant dans le discours.
Les visites sont toujours guidées (la guide régentait le groupe avec autorité). Nous avons suivi un groupe d'allemands tout en lisant des explications en anglais. 
Ça a fini dans les souterrains avec une dégustation, des souterrains toujours utilisés, encore agrandis pour accompagner les augmentations de production..
Ce soir, on joue à fourgon perché en bordure d'un petit lac.

lundi 4 septembre 2023

Prague

Nous avons pris hier soir un abonnement de 10 jours pour les autoroutes tchèques, ce qui nous permet de rejoindre assez rapidement la capitale.
Remarque 1 : il nous est difficile de reconnaître les autoroutes payantes des autres et nous ne sommes pas vraiment certains de ne pas avoir circulé sans passe sur des voies à péage.
Remarque 2 : ici, on paie une fois pour une période (10 jours, un mois, un an). Le tarif est très abordable.
Pragues, j'en gardais un très bon souvenir mais c'est il y a 25 ans, quand j'y ai passé quelques jours de travail en hiver et je ne sortais que le soir ! Autant dire que les conditions étaient différentes.
Je ne m'y suis pas retrouvé. Prague la touristique est devenue banale, saturée, exploitée. On y entend parler des langues d'un peu partout, on ne se bouscule pas mais c'est seulement parce qu'on est entre estivants de bonne compagnie, parce que la place pour chacune est comptée dans cette ville pourtant aérée, les praguois nous prennent volontiers pour des bêtes à tondre. Enfin, on est trop  nombreux. 
Mais Prague est jolie et il fait bon s'y promener. C'est la taille des vieux quartiers qui est la plus marquante après avoir promené nos sandales  dans d'autres villes tchèques au style pourtant proche. Tout est plus grand ici, plus étendu, plus complexe, plus cosmopolite.
Prague est tout de suite plus tranquille quand on s'efforce de sortir des sentiers battus pour trouver une ville endormie le dimanche.
Les château, c'est ici une ville dans la ville. La rue d'Or, ce petit endroit aux allures de maisons de poupées est désormais exploité de manière efficace avec tourniquet à l'entrée, billet obligatoire et sens imposé de la visite.
Prague le soir n'est pas débarrassée de ses troupeaux de touristes menés par des guides polyglottes.
A quoi reconnaît-on les locaux ? Ils vont au restaurant assez tôt pour se rendre ensuite au spectacle.
Passer devant l'opéra nous a fait envie : la Traviata débutait à 19 heures. Il y avait aussi un concert à l'église près du pont Charles. Dommage, nous l'avons vu trop tard.
De retour la nuit sur les quais où le fourgon est garé, nous avons droit à une drôle de scène avec deux dames qui nourrissent les cygnes avec des déchets des restaurants. C'est ici un vrai troupeau sur l'eau qui se presse pour profiter de la manne.

samedi 2 septembre 2023

Cesky Krumlov

C'est notre point le plus Sud. On craignait d'avoir fait trop de voiture pour l'atteindre mais Cesky Krumlov valait le déplacement.
Pourtant, toutes les voitures sur la route, et puis les parkings pour accueillir les visiteurs, et puis tout écrit en allemand, c'était pas gagné.
Nous étions tout proches de la frontière autrichienne, les panneaux indicateurs affichaient Wien ou Linz. Heureusement, nous sommes arrivés avant la foule pour un premier tour dans les rues.
Une heure après, l'ambiance aura changé, les pavés seront piétinés par des Tchèques, Autrichiens, Allemands, Chinois, Japonais, anglophones non déterminés et même quelques Français au milieu. Je ne m'attendais pas à cette affluence mais, après tout, ils ont raison ces gens, c'est vraiment une ville exceptionnelle.
D'abord par l'immense château qui la domine. On ne fait pas dans la métaphore ici : de la forteresse grise qui barre l'horizon au Nord, on vous voit déguster votre canard-patates-choux - ou votre cochon-patates-choux !
Le château a été comme d'habitude restylé et on y retrouve les ”parpaings" blancs qui peuvent faire si laid ailleurs. Là aussi! S'il n'y a pas de sgraffites, c'est moche, sans fantaisie sans idées. L'intérieur serait superbe mais on s'est contentés des jardins à la française qui n'arrangeaient rien.
La ville elle même est lovée dans un méandre de la rivière. C'est superbe, 8n peu défiguré par les boutiques à touristes bien sûr, mais on y retrouve cette architecture bien préservée avec un soupçon d'influence autrichienne.
D'ailleurs, les documents écrits au début du vingtième sont encore rédigés en allemand Comme dans ce chouette musée reconstituant la demeure et l'atelier d'un photographe local. Nous étions alors en Autriche-Hongrie.
Le rivière permet un peu de navigation, une échelle à saumons procure quelque impressions aux passagers de quelques pneumatiques.
Ceskē Bidejovice, à côté, c'est décevant. La grande ville ne soutient pas la comparaison avec sa petite voisine. C'est un peu une perte de temps, une perte de temps multipliée par notre étourderie qui nous fera suivre bêtement le GPS vers Zvirov. Il y en a deux, des Zvirov, et nous nous retrouverons une trentaine de kilomètres à l'Est au milieu d'une fête de village, au lieu de partir au Nord vers le Château de Zvikov à la confluence de la Vltava (qui deviendra l'Elbe après Prague) et l'Otava.
Nous y arriverons vers 18 heures quand tout le monde repart.
 Le château est fermé mais le parc est accessible, superbe, perché au dessus des deux cours d'eau sur lesquels quelques bateaux profitent du weekend.
Un barrage construit à l'époque socialiste à fait monter les eaux presqu'au niveau des fortifications en noyant les fonds de vallées. Maintenant, des vedettes de croisière emmènent des voyageurs sur les cours d'eau. Ici, un ponton est situé à 50 mètres de la porte Ouest.
Nous prenons notre temps dans le calme de cette fin de journée après le bain de foule de tout à l'heure. Mais l'affluence, la vraie, ce sera sans doute à Prague à partir de demain.