mercredi 4 juin 2025

Y'a le vent qui s'en vient

C'est du vent d'est et on est à la Courtade sur l'île de Porquerolles. Rien que du normal, du classique : on vient se mettre à l'abri et on attend que ça se passe.
Dans la journée, les rafales sont mesurées. Ça reste très supportable. Simplement, on commence à ne plus avoir envie d'aller à terre, on préfère rester à bord et surveiller un peu.
Il faudrait aller à terre pourtant. Nous avons commandé un pointeau pour le carburateur de notre hors bord et le shipchandler le recevra peut être aujourd'hui. J'avoue que j'aimerais bien tester la réparation.
Ce sera pour demain. La météo prévoit un renforcement progressif durant l'après-midi pour culminer avec 20 ou 25 nœuds de vent autour de minuit selon les sources. Un moment pendant lequel on ne devrait pas dormir.

Minuit. De belles rafales. Notre station météo (dont l'anémomètre n'est pas trop précis) a marqué plusieurs fois des rafales à 33 nœuds de vent. Il y a de quoi bousculer un peu le bateau et justifier une surveillance dans la nuit. La pression est bien descendue ; il faut attendre le passage du front.
Ce qui est fait vers une heure. D'abord on a l'impression que les rafales sont moins fortes. Et puis, l'accalmie se confirme. Ça souffle encore passablement mais puisque tout allait bien au maximum du vent, il n'y a plus de raison de rester debout. C'est l'heure d'aller au dodo.

Mon téléphone marin


Mon téléphone me sert à un peu tout sur le bateau. C'est un outil multifonctions quand on l'associe à un réseau, aussi indispensable qu'un couteau.
Il a relégué l'ordinateur au fond d'un coffre, trop long à mettre en œuvre et trop énergivore. L'appareil photo ne sort pas toujours, trop encombrant et lourd dans le sac étanche.
C'est le premier instrument consulté le matin pour les bulletins météo bien plus accessibles ainsi qu'à travers les instruments du bord.
En France méditerranéenne, une application formidable cartographie les zones de posidonies pour éviter de les tâter avec l'ancre.
En navigation, les cartes marines s'affichent aussi sur le téléphone, bien trop à l'étroit dans le petit écran mais lisibles quand même.
Un stroboscope m'indique très grossièrement la vitesse de rotation du moteur dont le compte tours n'a jamais fonctionné.
Les cartes de randonnées, les compétences des communautés marines en ligne, tout ceci est accessible depuis ce petit boîtier assez peu exigeant à condition d'obtenir un peu de réseau pour lequel il faut parfois chercher un peu. En France, les antennes relais ont tendance à privilégier les terres habitées plutôt que les déserts.

lundi 2 juin 2025

Port Man

Nous craignions l'affluence autour de Port Cros en ce weekend de l'Ascension. Ça va, c'est supportable et nous trouvons une place pour poser l'ancre.

Nous sommes dans une zone où le mouillage est en principe interdit aux bateaux de plus de 12 mètres, ce qui doit en contrarier beaucoup mais allège sans doute considérablement la fréquentation. C'est peut-être pour ça que nous ne sommes pas les uns sur les autres dans la grande calanque de Port Man.
Et comme il n'y avait pas trop de vent, il était temps d'aller acheter du pain... au port, c'est à dire de l'autre côté de l'île, soit une heure et demie de marche aller et autant pour le retour par la route la plus directe. Cette route dans la forêt, c'est d'abord un chemin approximativement carrossable, elle n'est goudronnée que vers le village quand elle se nomme la route des crêtes. C'est vrai que la vue est belle depuis les hauteurs.
Elle porte un autre nom : la route des forts. Eh oui, aux seizième et dix-septième siècles, les îles ont gardé la frontière et elles ont été anglaises brièvement. On s'est battu ici jusqu'aux bombardements de la deuxième guerre mondiale et les trois forts en ont souffert. Après, ce fut le moment du parc naturel régional et du tourisme.
D'ailleurs, il y a plein de monde au port. A croire que les gens prennent la navette depuis le Lavandou pour venir au restaurant à Port Cros. C'est aussi un endroit fréquenté par les bateau, de plaisance : le port est plein. Il y a même une file d'attente organisée devant le bureau du port.
J'ai trouvé du pain dans la minuscule épicerie. 1,80 € la petite baguette, mais estampillée bio.
Plusieurs plages sont autant de points d'attraction pour les touristes mais il est peut être un peu tôt dans la saison. En tout cas, on croise plutôt des marcheurs sur la voie principale ou personne sur les chemins secondaires. C'est sur une de ces voies de traverse que bâtiment Notre Dame fait l'effet d'une ancienne ferme sur le modèle de celle de la Sardinière en meilleur état. Tout est ruiné et assiégé par la forêt sauf l'ancien four au volume étonnant dont le parfait état semble indiquer une restauration.
Ces parcours forestiers à travers crêtes et vallons sont le domaine des sangliers dont on repère les traces un peu partout. Un piège est installé qui ne paraît pas avoir été efficace.
Les autres bestioles qu'on a vues en plusieurs séjours ici ? Des insectes, des oiseaux de mer bien sûr, des pigeons et puis quelques rats des bois, des lézards en nombre et une grosse couleuvre noire impressionnante, grosse presque comme mon poignet, longue de plus d'un mètre.
Dimanche soir, l'anse est tranquille. Restent quatre ou cinq bateaux ; les autres sont repartis au travail. Les agents du parc font une incursion et virent les deux voiliers de (largement) plus de 12 mètres. Nous sommes trois à passer la nuit de dimanche à lundi.

samedi 31 mai 2025

Histoire de hors bord

Notre Malta n'a pas encore fonctionné de la saison. Il démarre, se gave d'essence au point de s'affaler repu et comateux. Plus d'une demi douzaine de démontages n'ont pas guéri le malade.

 
La bougie n'est pas en cause. Elle permet le démarrage. Ce n'est pas sa faute, la pauvre si, au bout d'un moment et lessivée par l'essence, elle ne peut même plus émettre une étincelle.
Les gicleurs vont mieux. Les premiers démontages les trouvaient encrassés, ils sont maintenant propres et disponibles. Ça ne vient pas de là.
Alors on a tenté plus loin dans le carburateur. Le flotteur. Mais il va bien le flotteur, il flotte et c'est ce qu'on lui demande.
Une vis plus loin. Le pointeau. On nettoie, on souffle, on vérifie qu'il coulisse correctement, on remonte.
On essaie. C'est... moins mal. Pour la première fois, le moteur va remplacer les rames pour aller à terre. Il aura de la peine à revenir.
Il faudrait peut-être changer le pointeau lors d'un prochain épisode ?

Retour au Cap Taillat

On nous l'a changé. Nous avions passé ici une nuit tranquille en partant , voici notre retour en plein weekend de l'ascension, dans un mouillage méconnaissable à cause de la fréquentation de dizaines de bateaux qui viennent passer la nuit ici.
Comme nous.
Ils ne sont pas plus gênants que nous le sommes. Ils sont venus ici parce que c'est beau, c'est isolé sans route pour mener à la plage que les piétons doivent mériter. Eux non plus n'en reviennent peut-être pas de voir autant de coques ici.

Il fait beau. On a eu un bon vent pour venir, alors on ne va pas se plaindre. Et puis le soir est calme, la mer s'est débarrassée des vedettes trop rapides et de la houle artificielle.

Il reste un moustique dans le bateau. Je me demande s'il voyage avec nous. Il faudrait le prévenir, qu'il ne nous suive pas plus à l'ouest. Là bas c'est le monde du vent. Les vedettes y seront moins nombreuses qui préfèrent quand c'est elles qui agitent l'eau plutôt que le vent.

mercredi 28 mai 2025

Changement de place

 Toujours aux Lerins, nous avons changé de place pour aller essayer les bouées proposées par la municipalité de Cannes au nord de Sainte Margherite.


Ça représente une heure de moteur sans se presser et, et, et le moteur a bien tourné. Ouf ! On a quand même pris la précaution de partir avec un peu de vent pour ne pas rester en plan en cas de souci. 


Mais il n'y a pas eu de souci. On a trouvé les bouées en circulant avec la carte entre les hauts fonds de la zone (rappel : le sondeur est en panne), on a choisi la bonne (ça dépend de la taille du bateau).


Un ponton n'est pas très loin pour débarquer avec l'annexe (rappel : le moteur de l'annexe est en panne). Il y a même un point d'eau. Par contre, il n'y a aucune boulangerie sur l'île. Les deux kiosques gagnent davantage avec des sandwichs.


Au programme du matin, balade au fort qui surplombe la côte nord et donne accès à  un vaste panorama vers Cannes.


Et puis un détour par l'étang qui accueille de nombreux oiseaux, un observatoire et des promeneurs en nombre qui affluent toute la journée par les vedettes de liaison avec Cannes. Il y a là des touristes de nombreuses nationalités et des locaux qui viennent se mettre au vert pour la journée avec leur glacière et parfois leurs fauteuils pliants.


Mais c'est trop tard pour eux. Ils ne verront pas les dauphins qui sont venus chasser au petit matin entre les îles.



mardi 27 mai 2025

C'est la faute à Beaulieu

Partir de Beaulieu après une balade à terre ce matin, c'est d'abord affronter vent de face et clapot jusqu'à ce qu'on ait doublé le cap  de Saint Hospice qui ferme la baie de Saint Jean Cap Ferrat. Et du clapot il y en a de plus en plus à mesure qu'on s'approche de la pointe. On franchit d'abord la ligne des vedettes au mouillage puis elles grossissent au fur et à mesure qu'on progresse lentement en faisant des bonds sur les vagues.
C'est quand on se dit qu'on a bien fait de changer de moteur, que le précédent aurait été à la peine, à peu près parvenus à la pointe, c'est à ce moment-là que le moteur cale.
L'an dernier, c'était déjà à Beaulieu que le moteur nous avait lâchés. Bon anniversaire !
Sauf que là, il y a du clapot, un peu de vent, et qu'il s'agit de passer cette pointe. Mais ça ira : d'abord le moteur a accepté de redémarrer à condition de rester au ralenti, et puis une voile nous tire au bon cap ou à peu près. On passe la pointe, on double ensuite le cap de Saint Jean avec deux voiles et le moteur fonctionne toujours sans trop accélérer.
On va le garder en route tant qu'il tiendra, parce qu'avec l'état de la mer secouée en tous sens par les bateaux entre Cannes, et Monaco, les voiles ne suffiront pas à nous faire avancer - et puis on ne va pas trop trainer dans cette ambiance.
Du coup, moteur et voiles jumelés, toujours secoués mais bien rapides, on aura une excellente moyenne pour rallier les Lérins où nous trouver une place pour la nuit.
Et le moteur tiendra jusqu'au bout.
La panne : dans les secousses, le gasoil du réservoir a été bien brassé et une cochonnerie est passée dans le filtre.
On nettoie, on redémarre, ça ne fonctionne pas, on s'inquiète, on purge, on souffle, on resserre, on redémarre, ça va.
Et ça occupe une partie de l'après-midi.
Ce matin, c'était balade à terre sur l'île de Sainte Margherite. On n'y vient pas très souvent. Elle n'a pas la même ambiance que sa voisine occupée par les moines. Ici, de grandes allées rectilignes, et de robustes eucalyptus font davantage penser à un parc, un grand parc où on viendrait en bateau, où on trouve quelques restaurants, un ou deux kiosques, un château, un chantier naval, des pompiers, un petit village et une école de voile.