vendredi 25 juin 2021

Barcelone

Nous n'avons pas vraiment de souvenirs des jeux olympiques à Barcelone, à la fin du siècle dernier. Mais des traces, il en subsiste, dont le port olympique qui va nous permettre de nous poser en pleine ville. Nous voici tellement bien intégrés à l'agglomération qu'un immense immeuble nous fait de l'ombre le soir.

Bon, des immeubles, nous en avons distingué en nombre quand nous sommes arrivés. La ville, vue de la mer, présentait un aspect étonnant, des infrastructures industrielles assiégées par les immeubles, des zones pavillonnaires cachées par des panneaux solaires, des cheminées ou des ponts, des verticales de toutes parts : les grues géantes du port, les immeubles à l'esthétique optimiste (sauf pour le suppositoire oblongue, ostensible et risible à côté d'une cathédrale tourmentée qui n'en revient pas d'être diluée ainsi dans des bâtiments plus hauts qu'elle.

La banlieue Nord-Est de Barcelone, vue de la mer, ça vous aurait même un aspect steampunk.

A terre, les espaces dégagés, la circulation, les voies cyclables, les trottinettes électriques, les arbres des avenues, tout l'environnement ramène au contemporain, au climat, au farniente de ce jour de fête de la San Juan. Il fait beau, un petit vent rafraichit l'atmosphère, on se balade, on fréquente les terrasses, on soigne les habits ou l'apparence, les adolescentes osent des robes qu'elles ne porteraient sans doute pas au lycée, les adultes jouent des vêtements légers avec davantage de goût quand elles ne hurlent pas dans leurs téléphones sans souci de partager leur vie dans un rayon d'une centaine de mètres. L'espagnol peut avoir la voix forte, sans doute éduquée à passer au-dessus des claquements des pétards qui continuent à retentir de temps en temps.

Barcelone se fait facile à vivre, les menus rapides, un verre dans un bar, c'est abordable. Les touristes sont rincés plutôt quand il s'agit de visiter un monument. Les billets d'entrée dépassent facilement les 25 euros et peuvent atteindre quelques sommets. On profite ici de Gaudi d'abord, de Picasso ensuite. Pas question de gaspiller la manne. Nous choisirons de nous faire plumer à la villa Pedrera. Du Gaudi, bien sûr, comme pour les façades devant lesquelles les guides ou les cyclo-pousse emmènent leurs visiteurs. Mais on entre dans l'immeuble et c'est fascinant. On déambule sur la terrasse, dans les greniers à la charpente très esthétique, on visite enfin l'appartement du dernier étage avant de terminer pas la cour intérieure. Quelques photos (à venir ; elles sont plutôt dans l'appareil photo, pas dans le téléphone qui me permettrait de les mettre en ligne plus facilement), quelques photos plutôt qu'un texte qui sera toujours moins bien, moins fouillé, qu'un article sur Wikipedia.

Retour dans les rues de la fin d'après-midi, et dans le le parc fréquenté par les barcelonais qui passent un moment sur l'herbe, en barque sur l'étang, ou préfèrent utiliser les nombreux bancs des avenues. Autour du port, c'est au tour des terrasses de se remplir. Mais auront-elles vraiment été désertées depuis la mi-journée ?

Deuxième jour, vendredi, ce n'est plus la fête de San Juan, ce n'est plus un jour férié : la proportion de touristes augmente, la circulation aussi, les costumes apparaissent dans la rue, les magasins sont ouverts, les adolescent.es ont à peu près disparu.

Je récupère un canif laissé hier à la villa Pedrera (oui, pour entrer, il faut passer les bagages au détecteur de métaux), et nous continuons nos déambulations dans la ville, autour du quartier gothique. Le centre culturel qui abrite les vestiges de la ville du début du dix-huitième siècle va nous occuper une bonne partie de la matinée. C'est superbe : sous les entrepôts en charpente métallique du dix-neuvième, les fouilles ont mis à jour un vieux Barcelone de l'époque de la fin de l'indépendance catalane (1714) moments d'un siège et de combats très durs. Après, rien que du classique : le marché, un bistro, la marche baladeuse, un café, quelques visites de cathédrales, des vues sur les façades post Gaudi, le nez au vent la plupart du temps à prendre l'air de la ville.


C'est chouette, Barcelone.

mardi 22 juin 2021

Palamos

 



Ça y est : on a pu quitter l'Escala. Nous sommes partis ce matin quand la mer tapait encore. Deux heures de shaker au moteur, sans vent, sans les voiles pour appuyer le bateau. La mer a fait le ménage dans les équipets en nous roulant bord sur bord.

C'est seulement à partir des Îlots des Mèdes que nous avons pu profiter du vent. A partir de ce moment, l'avancée a été plus facile, un peu sportive, bien plus rapide que notre première progression au moteur. Évidemment, il fallait tenir le bateau dans les creux. En Méditerranée, la houle n'est pas toujours haute comme en Atlantique, mais elle peut être abrupte, cassante. Un mètre se fait fort de bousculer le bateau et il faut éviter de s'endormir à la barre.

Du coup, nous avons rejoint Palamos en début d'après midi. Mouillage dans la baie, à peu près à l'abri de la digue du port, par 13 mètres de fond. Heureusement, il y a maintenant un guindeau électrique pour remonter la chaîne !

Palamos, on en voit d'abord le port. Ici, la plaisance ne colonise pas tout l'espace. Les pêcheurs travaillent. Un caboteur charge du sable, ravitaillé par une noria de camions. C'est appréciable de trouver un endroit qui ne soit pas entièrement dévolu au tourisme.

Ces derniers ne sont pas oubliés : outre une gigantesque fête foraine qui doit ravir les riverains, ils auront des musées, des attractions, les restaurants nécessaires, les boutiques... Mais la ville conserve ses habitants et leur réserve des ruelles en hauteur, tranquilles.

J'évoque la vieille ville. La partie moderne est, comme un peu partout, ravagée par des immeubles qui rivalisent en hauteur et en laideur sur tout le littoral.

Palamos doit avoir une longue histoire de pêche, de commerce, de transport. Nous n'y resterons pas assez pour l'apprendre : la météo nous fera partir demain matin plus au sud. Nous commençons à faire quelques hypothèses pour la suite. Peut-être n'irons nous pas aux Baléares après tout ce temps perdu entre Covid et vents contraires, peut-être nous contenterons nous de Barcelone avant de refaire du Nord, revoir des calanques que nous n'avons pas pu approcher, éviter les ports espagnols hors de prix en juillet et revenir doucement.


dimanche 20 juin 2021

Attente

 On n'associe pas vraiment lecture avec chaleur, soleil et mer. Ce qui les relie, c'est ici le vent. Un vent contraire qui nous oblige à l'immobilisation. Alors lecture...

Lecture alors que les pluies orageuses de ce matin ont cessé après avoir répandu une boue brunâtre sur le pont et multiplié les flaques dans les rues que j'ai parcourues ce matin. Il n'y avait pas encore de vent : j'ai acheté du pain, posé une poubelle, fait une visite à un bateau du port, récupéré un peu d'eau.

Et puis le vent est venu : une grosse bouffée de l'ouest qui a tendu le mouillage d'un coup. Nous l'avons prise comme un avertissement pour le renforcement prévu par la météo et nous avons rangé l'annexe et son moteur bien proprement sur le pont pour éviter d'avoir à le faire tout à l'heure, si la situation empirait.

Quelques heures après, il fait soleil et cette bourrasque ne s'est pas vraiment répétée. Nous attendons le vent. Demain, peut-être choisirons-nous de passer la journée au port voisin pour pouvoir abandonner le bateau et jouer les touristes ?

Après-demain - mais c'est bien lointain pour la météo erratique de cette période - peut-être pourrons-nous bouger ?



La Escala (suite)

 Samedi 19 juin 


Nous sommes ici depuis quelques jours. Le temps nous a bloqués sur place - ou plutôt nous nous sommes laissés bloquer sur place. Nous préférions rester par crainte de la houle (pas faux) et nous n'avons plus tellement de possibilités désormais : le vent est encore contre nous pour aller vers le Sud. La houle du large reste présente. Les calas que nous aurions pu fréquenter seront sans doute invivables. Nous pourrions peut-être repartir vers le Nord mais nous devrions revenir contre le vent. Nous pourrions aller au Sud à condition de revenir nous mettre à l'abri ici ou d'aller à l'Estartit pour quelques nuits. Elle est difficile la vie de marins d'occasion


En attendant, quelques promenades nous dégourdissent les jambes. C'est samedi : le moment d'aller voir la plage de Montgo. Du monde (la photo prise lors d'une autre balade ne montre pas la fréquentation) pour profiter de la plage, puis de la douche  qui coule en permanence au gré des trempettes des petits, des rafraîchissements des plus grands.

 Locations, campings, supermarchés, parkings, nous en avions eu une toute autre vision par la mer. Nous n'avions alors pas imaginé que nous étions ici dans la banlieue de l'Escala



mercredi 16 juin 2021

La Escala

Il fait moins chaud. C'est un temps d'Est qui s'annonce maintenant. Ce matin, la station météo affichait 80 % d'humidité et 24 degrés seulement. Pour un peu il aurait fait frais. Sur les hauteurs, la brume envahissait le phare du Cap Creus et les environs commençaient à perdre de leur netteté. Le temps change. 



Jusqu'à présent, nous avons eu de la chaleur et peu d'humidité. Les vents étaient d'Ouest ou de Nord. Ils nous ont remués au mouillage de Puerto de la Selva, sur le versant Nord du cap Creus. Encore une fois, on a mal dormi. 



Nous manquons de sommeil. Les travaux de préparation du bateau, la mise à l'eau, la vaccination peut-être et les premières navigations nous ont fatigués davantage que les autres années et nous n'avons pas  encore récupéré.



Nos étapes depuis le départ de Martigues :
- Beauduc, à l'ouest de la Camargue, dans le baie des Saintes Maries de la Mer qu'on distinguait dans le Nord. Une ambiance de bout du monde, un paysage plat, le phare d'un côté, quelques maisons, des casiers de pêche, peut-être des filets un peu plus loin, le calme du soir et les moustiques, bien sûr les moustiques.

- Cap d'Agde, un peu au Sud de Sète. On en a vu son quai d'accueil, on a un peu marché dans les rues de la station balnéaire.



- Le Canet en Roussillon, nous ne l'avons pas visité. Le port était loin de tout, nous avons passé du temps à nous amarrer dans ces places mal fichues. Ces longues étapes, ces journées qui commencent à 5h30, quelques bateaux amis à ne surtout pas négliger, et nous nous plaignons de ne pas suffisamment pouvoir récupérer. Entre le Cap d'Agde et Canet, du vent et du vent pour une étape rapide.

- Et puis dimanche, nous avons franchi la frontière après avoir frémi devant tous les bateaux qui se pressaient au mouillage des Paulilles, à proximité de Port-Vendres. On les comprend aisément : c'est dimanche, il fait beau, l'endroit est magnifique. Pas question d'aller nous agglutiner, nous sommes libres même en dehors du weekend, nous continuons vers Puerto de la Selva pour poser notre ancre devant la plage et profiter ainsi de l'animation que nous avions évité aux Paulilles !



- Puerto de la Selva, c'est un port de pêche assez actif, mais c'est d'abord une station touristique où les maisons blanches se louent et les terrasses proposent leurs cartes aux promeneurs qui ne sont pas encore des vacanciers : ceux-là ne se limitent pas au weekend et il n'y avait plus grand monde lundi à Puerto de la Selva.



- C'est à l'étape suivante que nous sommes arrivés sous le Cap Creus, dans une calanque orientée au Nord, un bijou esthétique rongé par le soleil ou le mauvais temps, c'est selon les conditions. Ici, si la végétation s'obstine comme elle peut, les méduses semblent plus à l'aise.

Avec ce temps d'Est de prévu pour les prochains jours, nous devrons soigner nos étapes. Le mouillage de Rosas, nous ne l'avons pas trouvé assez sûr et nous en sommes partis pour un long bord de près vers les Sud, à la Escala, où nous avons mouillé devant le port, à l'abri pour le moment. La météo nous promet de la houle pour nous bercer d'abord, nous remuer ensuite...

La Escala, c'est un station balnéaire habillée trop grand pour la saison. Il pourrait y avoir davantage de monde dans les rues, les bateaux pourraient être employés par d'autres que les élèves des écoles de voile, sans doute des classes de lycéens, les terrasses pourraient être plus fréquentées. Il y a tout le matériel, il manque encore l'été. Avec ce temps d'Est bien bouché, l'effet est saisissant.

La Escala nous propose d'abord un mouillage face au port, plus ou moins abrité de la grande houle de Sud-Est qui nous gênerait ailleurs. Nous avons essayé Rosas, trop exposée. Alors nous patientons ici, devant la plage, voisins des hurlements des adolescents en groupes, des jet-skis, des pneumatiques. Heureusement, ça ne dure pas toute la journée.

Le petit port de pêche était aussi calme ce matin que la grande marina voisine. Un peu plus loin, un chantier nautique bute sur le grand mur qui protège de la mer. Tout cet endroit a été gagné sur l'eau au prix de travaux importants. Des sentiers parcourent une pinède et ouvrent sur la côte. Il faut une bonne heure de marche pour faire le tour du promontoire et découvrir Cala Montgo, ouverte de l'autre côté, un bijou de plage enserrée entre des rochers. A gauche, les maisons blanches sur un promontoire ; à droite, les pinèdes. Derrière, les terrasses des restaurants avant les pavillons. C'est le bout de la ville. je reviens en ligne droite pas l'avenue de Montgo jusqu'au bateau en espérant que la houle ne nous remue pas trop.

mardi 18 mai 2021

La Loire, rive Sud


 Elle est longue la route pour rejoindre la Loire. Il ne s'agit pas du département mais du fleuve, là-haut sur la carte, à portée de déconfinement partiel. Notre contrainte principale sera de nous poser à 19 heures. Une contrainte facile à respecter aujourd'hui parce que nous aurons roulé longtemps et nous souhaitons trouver un coin assez tôt pour quitter le volant. Je baille. Je fatigue. Donc je râle un peu - mais pas trop ?

 Ce long trajet fait que nous n'aurons pas marché beaucoup dans la journée. Ce matin, il y avait la route à faire et la pluie à supporter. Le temps s'est éclairci en fin de matinée et nous avons fait notre première étape à Crozant, dans la Creuze, du côté de l'Indre. La "frontière" est matérialisée par un méandre de la rivière sous les ruines du château dont on se plaît à imaginer un passé majestueux sur cette presqu’île formée par la courbe de la Creuze (la rivière). Aujourd'hui, c'est un coin un peu abandonné, boisé, tranquille. L'hôtel des Ruines (c'est son nom), le restaurant avec vue sur les eaux du barrage et les activités nautiques, tout ça n'est pas encore déconfiné.


 Aux alentours de Crozant

Sur la carte, nous n'avions d'abord pas repéré Crozant. Nous y sommes passés parce que nous l'avons vu sur une affiche de la route. Et puis c'était l'heure du pique-nique et nous avions faim.


 Par contre nous avions prévu un arrêt au château de la Prune au Pot, plus loin. Un nom pareil, ça ne se rate pas.

 

 On ne visite pas. Un sentier boueux permet la vue sur trois faces, la dernière étant réservée aux vaches voisines jalouses de leurs prérogatives et de leur prairie. Là aussi, il faut pouvoir imaginer la bâtisse au Moyen-Age. C'est toutefois moins difficile qu'à Crozant : il subsiste davantage de pierres et de larges traces de restaurations. Il était chouette ce château, d'une forme tout à fait conforme aux canons de notre imaginaire avec ses tours d'angles. L'originalité concerne l'implantation sur un terrain plat. On comptait sans doute sur les douves pour gêner les assaillants avant qu'ils n'atteignent les remparts.

 


 La suite de notre trajet passe par la Brenne dont les milliers d'étangs artificiels ont façonné la région. Une sorte de petite Sologne où l'on a gagné sur les marais en ménageant des pièces d'eau alimentées par des canaux de drainage, créant ainsi ce paysage où les buttons au sol imperméable culminent à quelques mètres, où l'eau se dissimule derrière quelques haies ou des roselières, où la forêt voisine avec cultures, élevages ou pisciculture, où les bottes sont indispensables.


 Du grès, de l'argile, des maisons disséminées, des forêts parfois humides, des oiseaux en nombre. Nous passons trop vite mais la Loire attend.


 Plus loin, nous longeons la Creuze (la rivière) puis la Vienne ( la rivière). Des mondes un peu à part où l'eau courante nous sépare de ceux d'en face qui semblent loin sur l'autre rive même si les ponts ne manquent pas pour relier les deux côtés.

 Ici, c'est plutôt la Loire

 Quand nous traversons les villes, c'est pour les trouver mornes, victimes de la situation sanitaire. Il n'est pas question de visites, de restaurants, d'accueil des curistes dans ces innombrables chambres d'hôtes délaissées à La Roche Pausay, bien après la Brenne. Mais Migné, en plein cœur du parc, n'était pas non plus folichonne.

 Notre but, c'est la Loire. Nous y voilà. Nous cherchons un endroit un peu abrité, éloigné des vergers du secteur. La nuit s'annonce calme derrière la levée qui protégeait les plantations des crues du fleuve. 


 Un drôle de calme mis à mal par une battue arrivée à l'heure du couvre-feu. Les chasseurs se sont disséminés sur deux côtés du champ voisin, à portée de voix de leur voisin. Ils ont attendu, debout, le fusil cassé sur l'épaule. La chasse en groupe est donc une activité solitaire et méditative. Quand un chien est revenu bredouille mais tout content de retrouver son maître, ce monde s'est décidé à repartir sans avoir tiré un coup de feu. Il est 21 heures ; la nuit sera maintenant tranquille.


Mercredi

 A peine plus loin sur la route qui coiffe la levée, une aire de pique-nique aurait fait un coin plus joli pour dormir, en bénéficiant d'un beau point de vue sur l'eau. C'est ici, au confluent de la Loire et de l'Indre, que nous voyons nos premières embarcations. L'une d'elle est goudronnée de frais, on le sent (très) bien. C'est un endroit de balades organisées sur l'eau, en période de liberté.

 Le château de Villandry, derrière son mur d'enceinte

 Ce n'est pas le bon moment non plus pour les châteaux. A Villandry, les jardins sont seuls accessibles pour 7,50€ par personne. Quelques touristes iront admirer ces jardins à la française. 


 On sent bien que la région retient son souffle dans l'attente de l'affluence. Pour l'instant, les visites, les boutiques d'artisanat, même les syndicats d'initiative ont abandonné l'espoir de profiter du touriste. Il reste quelques boulangeries, des commerces dits de proximité, et beaucoup de places libres sur les parkings mais nous commençons à rencontrer des camping-cars de plus en plus nombreux.

 A défaut des châteaux qui colonisent les environs, les visiteurs peuvent profiter des vues sur la Loire, des villages avec quelques ports pour évoquer les temps de la batellerie, et quelques bateaux pour la tradition, ainsi que des châteaux Renaissance ou des falaises creusées pour des habitats troglodytes maintenant reconvertis dans le tourisme, en hauteur.

 Il fait enfin soleil. Les pluies fines du matin ont cessé. Nous passons à Saumur pour faire des provisions pour les trois jours du long weekend et acquérir quelques bouteilles des crus locaux, et puis nous repartons bien vite vers les bords de Loire. Elle est maintenant plus large, parsemée d’îlots, de bancs de sable et de ces bateaux locaux qui peuvent être reconvertis pour la plaisance ou la balade collective. Pourquoi pas une croisière en amoureux ? 1h30 de romantisme, un rêve à portée de main mais assez onéreux.

 Pour la nuit, à côté de la Loire, une guinguette endormie nous prête son parking un peu boueux (mais comment rester sec et propre avec ce temps ?). La Loire longe des bancs de sable usés, à côté d'autres bancs de sable plus hauts où les arbres sont colonisé l'espace davantage en hauteur. Ce ne sont pas quelques inondations de temps en temps qui vont les gêner.



Jeudi


 Aujourd'hui, nous allons (encore) rouler. Le temps est aux ondées entre lesquelles l'accalmie sera fragile. Il faudra attendre la mi-journée pour bénéficier du soleil, et même le milieu de l'après-midi pour ne plus craindre les averses. Alors on va faire de la route et j'aurai bien des soucis quand je voudrai me souvenir des paysages traversés trop rapidement.

 Nous aurons longé la Loire, bien sûr, et puis photographié un ou deux ponts qui la traversent, allant même pointer le capot de l'autre côté, sur la rive droite et les maisons dont les façades sont ici orientées au sud. C'est bien joli mais ce n'est pas le sujet du moment et nous repartons bien vite sur la rive gauche même si nous y sommes parfois à l’ombre, même si on se demande parfois s'il pleut autant de l'autre côté.

 C'est le jour des écarts à la ligne droite avec une incursion vers les vignes du Layon, du côté de l'Echarderie, du Quart de Chaume, en une sorte de pèlerinage rapide, de souvenir familial. Ces grandes étendues bien soignées nous sortent pour un moment du fleuve auquel nous revenons vite pour le Cul du Moulin, à Champtoceaux. Ici, les marchandises passaient un péage, et les moulins tournaient, et j'aime bien ce nom. C'est un endroit assez fréquenté : on vient ici pour pique-niquer, pour faire un étape à vélo, ou pour poser un instant son camping-car. Les balades sur l'eau reprendront bientôt.

 Pour l'instant, nous remarquons déjà la fréquentation qui va en augmentant. C'est le weekend de l'ascension et les promeneurs profitent de la fin du confinement strict. D'autres fréquentent l'église. A Chalonnes, les familles se succèdent sur les marches pour aller à l'office. Tout le monde est bien habillé, avec un masque pour les grands et les habits "du dimanche" pour les petits.


Nous évitons Nantes et sa circulation et partons vers les bords de l'estuaire du côté du  canal de la Martinière et son écluse. Et puis c'est Paimboeuf à l'environnement industriel. Ici, la Loire roule des eaux boueuses qui en font une voie pour l'industrie davantage qu'un support de jeux nautiques. Ce  n'est pas un lieu pour s'amuser.


C'est fini. Nous quittons la Loire pour le Sud. 


Des petites routes nous mènent jusqu'à la Pointe Saint-Gildas. Un caprice de notre part, une idée comme ça, à l'étourdie, sans anticiper sur l'affluence de ce jour férié. Une erreur que nous renouvelons au port de Pornic, mais il nous faut bien rendre au moins une visite à l'océan et une autre à la plaisance. 


Partir, s'écarter des circuits des promeneurs de ce dimanche... Peut-être les marais bretons ? Faut-il avouer que nous ne connaissions pas l'existence de ces marais de l'Est de la baie de Bourgneuf ? Ici aussi, un long travail pour gagner des terres sur la mer a façonné le paysage. Les polders ont été drainés, ils auraient même été rincés avec l'eau du canal de la Martinière pour aboutir à ce pays plat parcouru par des petits canaux, sans doute les drains qui permettent l'existence des prairies qu'on voit partout. C'est une terre qui semble facile à vivre (c'est aussi ce que je pense de la Vendée ; j'imagine que les Vendéens doivent trouver le monde bien bordélique quand ils quittent leur région).

 Nous trouvons un coin pas trop sauvage devant le cimetière de Sallertaine. Le respect du couvre-feu ne semble pas trop marqué ici : les voitures roulent encore tard ce soir. Samedi, suite vers Apremont où il n'y a pas de fromage mais un curieux château échancré avec un côté moyenâgeux et un autre Renaissance du côté du lac. Et c'est la fin de cette balade. Nous avons rendez-vous pour le déjeuner à peu de distance d'ici.


Paimboeuf

















mardi 6 avril 2021

Coronapente glissante 27

 Il semblerait que Bruno Le Maire ait qualifié la maire de Poitiers de "stupide" après la décision du conseil municipal écolo de diminuer ou stopper les subventions aux 2 clubs d'aviation de la ville. A moins que ce soit la décision qui ait mérité l'injure et non l'élue ?
 

Allez, on ne peut pas croire que Bruno Le Maire, un type bien propre sur lui, bien comme il faut, se soit laissé aller à une impulsion aussi regrettable ! Si, dans la sphère privée, il traitait Mélanchon, Macron, Le Pen, de roquet, bonapartiste, caisse à frustrations, ça le regarderait. Il sait qu'il est un homme public, ce serait aller bien loin de sa position que d'insulter une élue.

Pourtant, il aurait aussi élaboré une vraie déclaration, si j'ai bien compris l'article que j'ai parcouru. Il aurait vanté l'avenir forcément radieux des avancées technologiques et des découvertes majeures vers lesquelles le gouvernement nous pousserait. A propos de ce monde de demain, on a déjà bien remarqué a politique suivie avec les difficultés du monde de la recherche, les bons soins prodigués à l'université, et ceux qui flattent l'école.

Faire de la politique, est-ce désormais guetter n'importe quelle décision prise par les écologistes choisis comme repoussoirs, au mépris du respect minimum auxquels ont droit les acteurs de la vie démocratique. Il ne s'agit pas ici de juger de choix politiques divers, mais de remarquer une fois encore la brutalité de ce gouvernement.