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dimanche 8 août 2021
mardi 13 juillet 2021
Traversée
La traversée, elle commence, ou plutôt elle aura commencé quelques jours avant avec la consultation des météos et le choix dans les options que nous avions.
Nous pourrions, selon le temps prévu, revenir dans les calas du sud de Minorque, aller en Espagne, remonter directement vers Martigues. Nous choisissons, et les prévisions météo choisissent avec nous, nous choisissons la remontée dans une fenêtre de deux jours avant une période de tramontane qui nous rendrait la navigation pénible en Espagne.
Rester à Minorque serait une possibilité mais nous préférons éviter le fréquentation du mois de juillet. Et puis nous avons envie de revenir.
Voilà, le choix est fait, avec un peu de stress qui nous perturbe le sommeil. Il faut que tout se passe bien, le matériel doit tenir bon, le temps se tenir bien, nous devons tenir la distance : un peu plus de deux jours pour parcourir 210 milles environ. Pas question de traîner en route : il s'agit de ne pas se faire rattraper par la tramontane lundi soir.
lundi 5 juillet 2021
Addaia
L'idée de remonter assez rapidement prend du plomb dans l'aile avec les courants du Nord prévus pour la semaine (au moins). Il aurait fallu partir hier alors que nous n'avions fait qu'effleurer Minorque. Ca nous semblait un peu prématuré. Peut-être aurons-nous eu tord de vouloir patienter ?
Depuis Algaierens, nous avons profité du vent d'Ouest pour passer devant Fornells et continuer un peu plus loin. C'est dimanche, les bateaux sont de sortie. Nous allons à Addaia.
Addaia, c'est un tout petit port dans une calanque étroite et compliquée. En contournant une petite île, on découvre les bateaux resserrés dans le coin le plus proche du grand quai. La zone technique est un parking avec le restaurant local au bout, du côté calme. Addaia, c'est un lieu de villégiature avec des maisons blanches, des petits immeubles, quelques restaurant et une superette plus haut. L'ambiance est préservée ; on ne semble pas souhaiter s'adapter au tourisme de masse.
Le vent qui souffle cet après-midi n'amène pas de houle. Il va se calmer le soir, nous permettant une de nos balades pédestres habituelles. A matin, le paysage boisé, l'eau calme, les chants des oiseaux : on pourrait se croire sur un lac si on n'entendait pas le ressac pourtant lointain, là-bas, vers l'entrée du fjord.
vendredi 2 juillet 2021
Minorque, cala Algaerens
Il fait chaud sur la cala. En ce début de weekend, il y a du monde, sur la plage, au mouillage et peut-être sur les chemins mais nous n'avons pas encore posé les pieds à terre. Nous sommes un peu fatigués et puis le vent du Sud qui souffle par intermittences nous incite à surveiller le bateau.
Pollença a représenté une halte sur la route de Minorque où nous sommes arrivés tout à l'heure après avoir goûté à des vents très variables juste avant l'arrivée : d'abord de côté, puis de la hanche arrière enfin brusquement de face. Il a fallu rentrer les voiles et compter sur le moteur pour finir la route vers la Cala Alguayerens.
Minorque abordée par l'Ouest, c'est une sorte de plateau un peu pelé, avec la côte déchiquetée et du chaud et du sec dessus sans beaucoup de maisons hors un bourg touristique sans doute sorti de l'imagination d'un entrepreneur.
La suite ? Elle dépendra du temps qu'il fera. Il nous faudra nous mettre à l'abri d'un Nord-est prochain, peut-être à Mahon, sur la côte Est mais rien ne dit que nous aurons ensuite le vent du Sud requis pour remonter vers l'Espagne continentale, d'autant que la traversée sera plus longue de celle qui nous a vus rejoindre Soller depuis Barcelone.
Pas simple tout ça !
En attendant, c'est Algaiarens, une plage à la mode, d'autant plus fréquentée que nous sommes arrivés vendredi après-midi. Le weekend commence. Avec beaucoup de monde sur la plage et l'obligation de trouver une place au mouillage.
Ce n'est pas toujours évident de trouver un bon coin parce que certains bateaux restent à la journée, d'autres passeront deux ou trois jours à faire la fête entre amis. A notre arrivée, ils sont là et nous devons gérer. Quand nous seront installés, les suivants auront le même problème.
Du vent du Sud en fin d'après midi et du calme le soir, ça nous convient tout à fait. Et malgré l'affluence, pas trop de cris sur les bateaux voisins qui vont dîner tard.
Le matin, j'irai ramer jusqu'à la plage la plus proche pour une balade à terre. Hier soir, nous avons été obligés d'emprunter un chenal de l'autre côté de la baie : les abords des plages sont interdits d'accès par le large. A sept heures, il n'y avait à peu près personne, je ne dérangeais pas.
En réalité, je n'étais pas le premier, une autre annexe m'a précédé, et un canoë occupé par un homme et son berger allemand, et un paddle. Sur la plage, un petit bivouac est installé discrètement. Une maison minuscule et toute jolie se cache derrière un gros rocher.
Je vais prendre le chemin entre les pins et grimper un peu. Un peu plus loin, c'est la fin d'un cours d'eau qui vient s'infiltrer ici après avoir humidifié la plaine où on distingue des cultures et quelques maisons.
L'humidité est importante, elle nimbe légèrement l'atmosphère mais on voit bien que le soleil va surgir de derrière la ligne de crête des collines voisines. La chaleur va assécher rapidement l'atmosphère au dessus des marais.
Pour l'instant, il fait frais et je parcours ce grand chemin dans l'odeur de térébenthine. Est-ce le cami de cavalls, le chemin des chevaux qui semble faire le tour de Minorque ? Un peu plus loin sur les hauteurs, j'ai la réponse en butant sur le portail d'une maison isolée. C'est une desserte de cette propriété. Le cami doit être plus loin à l'intérieur des terres.
En attendant, je découvre ma première tortue : il semble que l'endroit soit célèbre à ce sujet.
Pendant la journée, nous resterons terrés dans ou sur le bateau, hormis le moment d'une baignade dans l'eau claire qui a donné l'occasion de nettoyer un peu la ligne de flottaison qui commence à s'encrasser. C'est vrai qu'on n'utilise pas d'autre antifouling que le zinc, non polluant. Du coup, la végétation a tendance à s'agripper rapidement à la coque, pas contrariée par les produits toxiques qui protègent les autres bateaux.
La baie se peuple de toutes sortes d'embarcations en ce samedi. L'endroit est couru. La plage aussi, desservie par un grand parking.
Nous attendons le soir pour une promenade sur le sentier côtier en direction de l'anse suivante. Moins de monde, un peu plus de musique dans une cabane de pêcheur. Quelques groupes de cavaliers un peu plus loin.
Retour au bateau. Apéro, téléphone à B, toujours coincés dans leur port. Ils ne le disent pas clairement mais je pense qu'ils ont d'abord fait le mauvais choix de la côte et qu'ils regrettent bien leur stratégie. Après, auraient ils vraiment traversé ? Pas sûr. Nous sommes mieux à Minorque.
Le soir, un peu d'agitation au mouillage. Les gens sont dans leur cockpit, discutent tard et fort. Les annexes font des trajets festifs et incompréhensibles dans la nuit mais ponctués des cris de leurs occupants. Nul ne se soucie du sommeil qu'ils n'imaginent pas avant minuit ou une heure du matin.
Pollença
La rade de Pollença est si bien protégée que des lumières sont visibles sur 360 degrés quand vient la nuit. Nous sommes loin de la ville mais nous entendons les sons qui portent loin sur l'eau. D'abord, nous avons eu les clairons des militaires tout proches. Leur base occupe toute une partie de la baie, proche du phare.
Et puis une chanteuse dans une boîte sur la plage, sans doute un restaurant. Ce n'est pas ce qui manque ici. Il faudrait plutôt détailler leur cible, plus ou moins huppée. Face au port, les garçons en costume, les tables soignées, les cartes ne trompent pas. Quand on s'éloigne, le public visé sera moins dépensier. Quand on entre dans la ville et qu'on s'éloigne de la mer, le touriste côtoie davantage l'autochtone. La ville en elle même offre peu d'attraits mais possède des ressources utiles comme les locations de véhicules, les réparations, les magasins...
Après les paysages de Soller, le Nord-est nous parait pelé, laminé par les conditions météo sur le cap Formentor qui barre la mer à l'extrémité Nord-est de Majorque. Nous étions là tout à l'heure, au pied de la falaise avec le phare perché là haut, et nous avions l'idée qu'éviter l'endroit en cas de mauvais temps était impératif.
On ne reste pas à Pollença. Nous devons filer à Minorque pour composer avec les prévisions météo. D'abord du vent du Sud, nous partons donc sur la côte Nord. Puis, assez brusquement, du Nord-est dont il faudra se protéger. Et puis une renverse au Sud-est à étudier. Si elle était bien disposée, elle pourrait nous permettre de remonter vers l'Espagne en économisant le moteur qui est trop souvent mis à contribution cette année. Il faudra affiner tout ça avec les prochains bulletins et composer aussi avec le weekend et l'affluence. Nous sommes désormais en juillet : il va y avoir de plus en plus de monde.
mardi 29 juin 2021
Soller
Soller au petit matin, un dimanche : nous terminons notre traversée depuis Barcelone. Il fait encore nuit mais les sommets des Baléares se voient nettement. On les a distingués pendant la journée, de loin. Puisla nuit est tombée et nous avons aperçu deux feux : celui du cap Formentor, à l'Est, et le Cap Gros qui marque l'entrée de la rade de Soller. Les heures passant, les lumières de quelques agglomérations se sont montrées, pas nombreuses : la côte Nord-Ouest de Majorque est abrupte.
Les lampes de la ville nous éblouissent dans le goulet et pendant notre recherche d'une place pour mouiller au milieu des bateaux endormis. Nous ne pensions pas trouver le mouillage aussi fréquenté. Le premier emplacement libre nous conviendra ; on changera dans la journée quand certains auront libéré un espace.
Il est six heures quand nous pouvons nous glisser dans les draps. Petit déjeuner en milieu de matinée. Il fait chaud, il y a foule sur la plage et sur le front de mer. Nous attendons la fin de l'après-midi pour descendre faire un tour un peu à l'écart, vers le phare qui nous a guidés pendant la nuit précédente.
Guidés... Il est vrai que les phares ont un peu perdu de leur importance depuis le GPS. Nous n'avons plus vraiment besoin d'eux pour tenir un cap mais ils sont des points lumineux qui fixent l'horizon, à l'écart des écrans. Notre pilote automatique a décroché plusieurs fois : les changements dans le vent et le glissement des lumières sur le côté étaient les deux premiers signes pour nous indiquer que nous perdions notre cap.
Soller le dimanche, c'est bien entendu une usine à estivants. La pression va diminuer lundi, des bateaux seront partis : nous en profiterons pour changer de place en prévision des vents d'Est annoncés pour mardi. Il nous faudra tâtonner un peu pour faire notre place : de nombreux mouillages sont accaparés par des locaux qui finissent par les considérer comme les leurs. La place disponible diminue d'autant.
Alors, lundi matin, c'est changements de mouillage (2 fois : vive le nouveau guindeau électrique), aller chercher 20 litres de gasoil avec l'annexe, et quelques rangements. L'après-midi, les courses en "ville", un démontage du carburateur de l'annexe pour améliorer son fonctionnement (bof) puis une superbe balade sur les chemins qui dominent la côte au-dessus du bourg où, comme souvent, les hôtels gigantesques se sont approprié les points de vue. Plus loin, on trouve le calme, les plantations d'oliviers, quelques maisons perdues dont certaines semblent occupées en permanence. L'endroit est superbe, sous la protections bien fragile d'un pic, une dent de pierre, sans rancune.
C'est une région de chemins où il fait bon se promener. D'accord, il faut se faire à la chaleur mais c'est un plaisir de cheminer entre les murs de pierre sèche qui délimitent autant de terrasses où les agrumes semblent occuper les fonds de vallées et les oliviers, sans doute plus résilients, exposent sur les coteaux leurs formes tourmentées. Leur vie semble compliquée, enchevêtrée, noueuse, parfois brûlée à l'intérieur, et ils vivent, et ils poussent, à la dure.
Des chemins ombragés passent à proximité de fincas, cees exploitations agricoles d'un autre temps, véritables maisons de maitre qui régnaient sur leur domaine, d'après ce que j'ai compris. Les voilà toujours prospères, vendant les oranges, reconverties partiellement au tourisme, placées au plus beau du paysage.
Les caroubiers, de temps en temps, et quelques amandiers, pour varier les plantations, et à terre, des moutons nettoyeurs. Les brebis ont leurs petits qui restent à l'ombre. L'agitation du port est loin d'ici où on croise quelques randonneurs allemands, pas nombreux.
mardi 10 juillet 2018
Reprendre les traces
C'est Soller que l'on retrouve après notre tour dans les îles. Nous verrons d'autres lieux, par exemple Deia que nous atteignons en bus...
vendredi 6 juillet 2018
Algaierens
dimanche 1 juillet 2018
Fornells
Le port est clapoteux par vent d'est et la rade est sillonnée de bateaux durant ce weekend, entre les barques locales qui déposent des baigneurs sur les plages, les annexes des bateaux, les voiliers sportifs, les planches à voiles et les paddles...
On trouve même des coins isolés où faire des balades à pieds et profiter de la vue.
samedi 30 juin 2018
Ilot Colom et Es Grau
Es Grau, c'est un petit bourg entre Mahon et Addaia (tout le monde a suivi la chronologie ?), au fond d'une baie, avec un petit port pour les embarcations.
Le côté de la baie est bien préservé, joli tout plein avec ces maisons intégralement passées au blanc. On n'y croise pas trop de monde, les touristes se réservant pour la plage et la réserve S'Albufera dont la lagune est toute proche.
Un chemin nous mène dans un paysage tout à fait exceptionnel. Nous avons l'impression de nous trouver loin de la mer, au milieu de toute cette verdure.
Le sentier continue longtemps. Dommage que nous ne puissions pas passer la journée en randonnée, mais nous n'avons pas assez confiance dans le mouillage pour abandonner le bateau trop longtemps.
Et l'île Colom, dans tout ça ? Eh bien, il faut revenir au mouillage, puis filer en annexe là ou sont concentrés les bateaux et regarder à droite. Entre les oiseaux et les deux plages, une île... privée. Achetée par un américain, d'après Wikipedia. On n'a pas visité malgré la beauté du lieu, vu de la mer. Mais les oiseaux nous laisseraient-ils approcher ?



















































