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mardi 10 juillet 2018

Reprendre les traces

La boucle se referme quand on retrouve nos traces.

C'est Soller que l'on retrouve après notre tour dans les îles. Nous verrons d'autres lieux, par exemple Deia que nous atteignons en bus...



La bourgade est jolie, pas encore intégralement dénaturée par la spéculation et le tourisme mais ça ne saurait tarder malgré les mises en garde affichées dans la partie la plus populaire, sous l'église, où des maisons des années 50 survivent devant quelques hôtels. De l'autre côté de la route, c'est le domaine des habitations à quelques zéros,  la piscine et les murs d'enceinte qui vont bien.
Les environs sont montagneux avec des terrasses bourrées d'oliviers centenaires. En bas, le long du chemin qui dévale vers la mer, quelques habitants du coin disputent des parties de pétanque.
Nous buvons un café, ne touchons pas au jus d'orange vendu au prix du steak, nous baladons un peu partout jusque dans le cimetière qui lui aussi est agrandi en terrasse. Il ne manque que les oliviers à planter entre les tombes. On remarque des familles françaises. 

Nous allons aussi à la ville de Soller par un des chemins de randonnée qui sillonnent la région. Samedi c'est jour du marché. Un marché à touristes bien sûr. Mais une petite ville bien sympathique où subsiste une vie locale malgré l'afflux saisonnier. Les retraitées s'appostrophent à la terrasse du café où nous sous sommes posés un moment. Un papy qui s'attardait en bavardages répond dans un anglais parfait à une jeune touriste qui lui demandait la route, le tramway perturbe peu les passants trop nombreux pour la largeur des rues, la cathédrale fait un concours de kitchissime.
Sur le chemin, nous nous adressons à une vieille dame en robe tablier à propos de plantes en forme de boules pendues hors sol comme des guirlandes devant son jardin, et nous repartons avec un exemplaire et les conseils d'entretien. Sur le retour, on prend le temps de pique-niquer avec des chaussons salés dont j'oublie toujours le nom, à l'ombre, profitant de cet instant de campagne si plaisant ici, dans ce paysage de vallées boisées qui lorgnent vers les montagnes toutes proches. On est à quelques kilomètres de sommets à 1000 mètres environ.

vendredi 22 juin 2018

Balade roulante

Mardi 19 juin, location d'une voiture à Pollença, pour un trajet touristique dans l'île. C'est vrai qu'on est souvent frustrés, en bateau, de ne faire qu'effleurer les terres, d'en avoir un aperçu seulement marin. Un petit retournement de situation nous fait du bien.


D'abord le monastère de Lluc


Plusieurs bâtiments pour ce monastère à l'organisation rigoureuse. Le premier contact, c'est un parking aux barrières automatiques qui offre la place à 6 € ou la visite du monastère et la gratuité du stationnement pour 5 €. C'est pas de l'organisation, ça ?
 
De toutes manières, ça ne change pas grand chose : on visite assez librement le monastère, qu'on ait un ticket d'entrée ou non. Il faut dire que l'endroit est fréquenté : il a réussi à cumuler les visites des touristes avec les randonneurs qui passent la nuit dans les chambres et ceux qui viennent boire un pot, manger ou prendre une chambre d'hôtel. Il y en a pour tous les goûts et la religion n'est pas mise en avant. On vend aussi des produits locaux, on accueille avec des jardins entretenus soigneusement et surveillés parfois par la statue d'un ecclésiastique, des toilettes d'une propreté d'hôpital, une ou deux expositions et ces bâtiments dont la forme austère est égayée par la couleur claire de la pierre.
Le messe est à à 11 heures : on est les bienvenus si on veut entendre les chœurs d'enfants.
Parce que c'est aussi une école, un collège, avec un environnement isolé mais très chouette. D'abord le milieu naturel avec la sierra tout autour, ses sommets et, plus proches, ses forêts. Un jardin d'acclimatation nous a beaucoup plu : son unique sentier sillonne dans une humidité savamment désordonnée au milieu des chants des grenouilles. Juste à côté, la piscine en plein air. On retrouve la rigueur. Vestiaires, entretien, plage de baignade, c'est un vrai bassin municipal où on pourrait s'entrainer.


Le musée était fermé : pas de chance. Les chèvres étaient, là, sous le couvert de chaque côté de la petite route.


Les petites routes de la Sierra Tramuntana


On passe par des routes tortueuses à souhait, avec des virages à prendre en première et des points de vue à rechercher entre les pins. Les plantations d'amandiers et d'oliviers sont toujours organisées en terrasses dont les murs ne semblent pas aussi entretenus que dans la région de Soller. De temps en temps, une maison isolée, un bourg dans la vallée...

Alario, par exemple. Le tourisme n'a pas tout transformé dans ses rues étroites. Les petits immeubles à deux ou trois étages sont bien ternes et la vie ici ne semble pas très gaie. La place regroupe la plupart des terrasses et des visiteurs. Des hôtels à collection d'étoiles sont installés dans des coins isolés aux alentours.

Le col d'Orient culmine à environ 500 mètres. Il a tout ce qu'il faut : un hôtel, l'isolement, la route étroite en lacets sur laquelle il est ardu de se croiser, des chemins de randonnées et des paysages de roches, de terre et d'arbres dans une ambiance de montagnes. La douceur n'est pas à sa place ici. Le bourg d'Orient tache de blanc le fond de la vallée et attire les visiteurs dont les nombreux cyclistes qui viennent suer à Majorque.

A quelques kilomètres, mais les distances sont courtes ici quand on les mesure en longueurs plutôt qu'en temps passé à circuler, Bunyola semble une petite ville d'ouvriers et de vieux, carrefour des routes qui quittent la sierra pour la grande plaine agricole du centre de Majorque. On va quitter les arbres pour le blé et la vigne, une chaleur plus aride où les bourgs vantent leurs vestiges archéologiques et on aime bien la tranquillité de leurs rues et les mères qui emmènent leurs enfants à l'école.

On va passer ainsi Biniali, Sancelles, Costitx, Sineu, Petra, s'arrêter pour un café à une terrasse qui vit pour le Mondial de foot. On va longer le parc naturel St Albufera, ses lagunes, ses roseaux, ses oiseaux pour aller vers plus spectaculaire : la presqu'île de Formentor jusqu'au phare. Les paysages aux collines abruptes qui plongent sur la côte indentée de multiples calas plaisent beaucoup : la moitié des nombreuses voitures sont des locations dont les conducteurs redoublent de précautions en croisant d'autres voitures de location. On entend toutes les langues habituelles des Baléares, sauf le catalan et le majorquin. Pour ça, il faudrait fréquenter les autres qui savent où s'arrêter pour rejoindre les rares plages tout en bas. De toutes manières, on reviendra ensemble vers Porto Pollença. Eux, je ne sais pas ce qu'ils vont y faire. Nous, on va se payer le luxe d'un supermarché en voiture !

lundi 18 juin 2018

Pollença

Dimanche
Balade à Porto Pollença ce matin, une petite ville bâtie pour le tourisme autour de son port gagné sur l'eau. Rien de bien extraordinaire mais nos quêtes sont particulières : fruits, pain, eau, poubelles. Éventuellement, une location de véhicule et une recharge de camping-gaz. Il nous faut aussi parfaire notre emploi du temps pour les prochains jours entre météo, port, location et balades.

Retour au bateau à l'autre bout de la rade pour l'après-midi. C'est dimanche. Les bateaux du coin passent ou viennent mouiller pour une baignade, des jeux dans l'eau ou une sieste. On remarque encore et toujours les vedettes capables de foncer dans les mouillages sans souci des remous causés. Ici, même les voiliers foncent au moteur. On a donc un clapot assez permanent qui s'atténuera le soir avec le départ des promeneurs du dimanche. 

Lundi
Nous prenons une place au port de Pollença et réservons une voiture pour demain. En attendant, ce sera un tour en bus à Pollença, à une dizaine de kilomètres du port : une ville plus "historique" avec des ruelles pavées, un calvaire et un chemin de croix pour aboutir  une chapelle plutôt réputée pour la vue qu'elle offre sur les alentours depuis une terrasse voisine. 
La montée directe est faite de centaines de marches qui longent des façades de maisons de tous styles. D'ailleurs, il arrive qu'on préserve seulement ces façades et qu'on refasse à peu près tout derrière.
Nous déambulons dans les rues de la vieille ville, nous snobons l'église ; le musée nous snobe car il n'ouvre qu'à 17h30 ; nous admirons l'olivier déformé qui voisine le pont romain ; nous prenons un "bain touristique" entre les terrasses et les magasins. Mais les gens du cru sont présents et pas absorbés dans la foule venue d'ailleurs, pourtant nombreuse. Ce sont les enfants qui rentrent de l'école, les anciens qui bavardent en groupes, ceux qui font leurs courses, les ouvriers des chantiers...

lundi 11 juin 2018

Week-end à Santa Ponsa

Une navigation essentiellement à la voile pour venir à Ponsa. La côte est très belle avec des falaises basses, des îlots abrupts pour terminer les caps et faire plaisir aux plongeurs et aux kayakistes.


Au loin, vers le nord, les sommets de la Sierra Tramuntana... Question cadrage de l'image, ça laisse un peu à désirer mais presque toutes les illustrations de ce blog sont réalisées au smartphone, alors il faudra attendre notre retour pour voir des photos plus travaillées...

Cala Ponsa est une immense baie qui va abriter de nombreux bateaux de balade ce weekend, ceux qui viennent se mettre à l'abri du temps d'est orageux. Pour nous, c'est aussi une escale technique avec l'accès à un gros supermarché pas trop éloigné, une boulangerie, une machine à laver ainsi que la possibilité de remplir quelques bidons d'eau. Tout ça est très précieux quand, comme nous, on va de mouillage en mouillage.

Les ports de la région, il vaut mieux les voir de loin. Ils coûtent une fortune et ne nous attendent pas spécialement. En général, ils semblent à peu près pleins. Nous devrons trouver un autre moyen si nous voulons visiter Palma. Quant à Porto Ponsa, c'est un fjord resserré qui a été aménagé pour y loger un grand nombre de bateaux ainsi qu'une zone technique et des locaux collectifs, tout ça entre les collines couvertes de petits immeubles et, plus loin, de pavillons. On a vu pire comme environnement.
Dimanche matin en milieu de matinée, les voiliers étaient de sortie à la queue leu leu pour une partie de plaisir dans la baie, le bateau de l'école de plongée rentrait, les kayakistes se préparaient, et l'ambiance était sympathique, d'autant que les vedettes étaient relativement absentes de ce mouvement. Si, il y avait bien un propriétaire qui lavait son pont à grande eau pendant plus d'une demi-heure. Il faut bien ça pour réactiver ce racisme à l'encontre des vedettes rapides et de leurs propriétaires que je persiste à considérer de manière générale comme des plaies.

samedi 9 juin 2018

Cala Portalls

Nous voici de retour sur Majorque, après une traversée à la météo orageuse.


Arrivés en fin d'après-midi dans la baie de Palma, nous stoppons à Cala Portalls, une jolie baie bordée de trois petites plages et un petit port assez discrets.


Côté sud, la paroi est creusée de grottes qui ont donné son nom à la cala. On a beaucoup creusé ici, pour bâtir Palma.




Et pas seulement pour la construction.





lundi 28 mai 2018

De Majorque à Ibiza

Y'a des jours où il faut s'accrocher un peu.


C'était bien beau à la cala Sant Elm, dans l'ouest de Majorque et on y a passé une soirée assez tranquille et une nuit rouleuse. Y'a des jours où la mer bouge. Raison de plus pour partir lundi matin. Il n'y a pas d'abri pour nous sur cette côte, à part Andraitx qui ne nous a pas branchés.


Alors on est partis dans une ambiance de Bretagne brumeuse pour une douzaine d'heures de traversée vers Ibiza, en espérant un vent au près bon plein (confortable) qui nous ferait jouer des voiles.

Y'a des jours où le vent ne coopère pas : il a préféré refuser (faire preuve de mauvaise volonté en se flanquant pile devant le bateau ou presque) et la houle a grossi à un petit mètre assez inconfortable. Du coup, nous avons dû faire une étape à la cala d'es Llamp, un trou au milieu des falaises dans lequel nous nous sommes retrouvés à cinq voiliers qui attendaient de meilleures conditions pour continuer. Si nous étions protégés du vent, c'était moins bien en ce qui concernait la houle et nous avons roulé une deuxième nuit. Pourvu que ça ne devienne pas une habitude.


Au matin, c'était bien beau avec ces parois éclairées par le soleil levant. De toutes manières, il n'était pas vraiment facile d'aller faire un tour à terre dans les falaises et le bateau était déjà prêt à appareiller au cas où les éléments nous fassent des misères. Le départ a été rapide et le petit déjeuner s'est passé en mer où les conditions s'étaient bien améliorées.


Nous faisons le tour du cap Moscarté et son curieux phare en forme de colonne et mouillons à Portinatx, notre destination initiale, avec une bonne demi journée de retard. Dans cette station balnéaire assez tranquille, nous pourrons faire quelques courses et laisser passer un peu de vent du sud avant de continuer pour explorer la côte nord-ouest d'Ibiza.

jeudi 24 mai 2018

Soller

Soller, c'est à 3 ou 4 kilomètres dans les terres, une manière de se protéger des pirates à la grande époque - et puis il y avait sans doute d'autres raisons liées à l'agriculture, les communications... Je n'évoque pas seulement le fameux tramway qui relie le port à Soller à la vitesse d'un cycliste essoufflé pour 7 € le trajet.



Le port de Soller était une porte ouverte vers ailleurs, quand il était plus facile d'aller à Palma en faisant le tour de l'île en bateau plutôt qu'en passant par la sierra Tramontana. Cette situation et les cultures ont logiquement développé une navigation de commerce avec une bonne partie de la Méditerranée occidentale, d'après notre doc.

Il en reste un peu de pêche, la plaisance, une baie assez abritée, des militaires discrets, des touristes en grand nombre et des exploitations d'oliviers et d'agrumes, orangers, mandariniers et citronniers.


Alors, le bourg du port ne nous fait pas grande impression. C'est comme ailleurs, entre restaurants et terrasses, quais et musique, hôtels et locations, allemand, anglais et français.


Plus en arrière, les cultures en terrasses, les chemins encaissés entre des murs de pierres sèches bien entretenus, les maisons isolées, les oliviers centenaires aux troncs torturés, les orangers, tout ce paysage nous plaît beaucoup. Très vite, quand on s'éloigne de la mer, on s'aperçoit de la maitrise de l'eau qui est disponible un peu partout, sous forme de citerne ou par des captages dans les torrents tout proches.


Deux bourgs nous ont bien plu. Fornalutx est superbe, fleuri et un peu confit ; Biniareix en sera bientôt le sosie. Pour l'instant, c'est un peu moins apprêté mais on y retrouve ces pierres aux tons ocres sur les murs et à terre dans les ruelles et les escaliers. Soller est un peu plus grand et nous ne nous y sommes pas attardés. Il y avait des terrasses, des visiteurs, des ruelles bien tranquilles et de belles façades vers l'église dans laquelle nous n'avons pas pu entrer : c'était pas l'heure. Tant pis pour la déco de Gaudi.Une autre fois ?

mardi 22 mai 2018

Cala de la Calebra

C'est une question de point de vue : quelqu'un arrivant par la terre titrerait peut-être "Torrente de Pareis", son objectif de visite ici. Nous atterrissons depuis la mer ; pour nous, c'est donc la Cala de la Calebra, et c'est niché dans cette paroi nord-ouest de Majorque, une forteresse de falaises et de pentes auxquelles s'accrochent des nuages qui en diminuent un peu l'austérité.


Sur la plage, dans la partie est, des baigneurs, des crieurs criards, des gens en balade qui suivent un chemin aménagé partiellement en tunnel depuis l'ouest de la cala, le point d'arrivée des navettes qui viennent de Porto Sollers et de la route en lacets où on trouve un petit bourg de restaurants, terrasses et boutiques de souvenirs.




Le Torrent de Pareis débouche sur la plage formée de galets poussés là à la manière d'une moraine. Derrière, le flot est juste suggéré par quelques flaques d'eau joliment verdie par des algues au milieu d'un grand lit à sec, sous les parois verticales d'un défilé.


C'est un paysage contrasté d'ombres et de lumière vec des creux et des arêtes, quelques grottes et une végétation qui pervient à s'insérer dans cette fracture géologique : pins, figuiers, de l'herbe autour de l'humidité...